Salutations, bonnes pluies à toi!
J’espère que les torrents du ciel ont pu faire revivre les souvenirs de la saison passée de là où tu te trouves. Je t’écris dans le but de t’interroger sur ton quotidien, puis ensuite te faire part du mien. La pratique de scribe me pousse à tenter de recueillir le plus de connaissances possibles sur les milieux existants autour/avant/pendant/après/à l’opposé du mien.
Je me questionnais sur la cohabitation entre les éléments naturels et le Symbio/Oniris… Comment le monde subjectif interagit avec le monde scientifique? La relation entre les deux m’intrigue énormément. De plus, Interra semble vivre dans le monde des idées, dans une réalité supranaturelle. Comment savoir ce qui est réel (hors de l’Oniris ) de ce qui est imaginé? Comment les adelphes arrivent-iels à entretenir des relations de solidarité malgré leur cohabitation dans des univers différents, certes pouvant être reliées par le symbio, mais quand même dans des domaines différents? Bref, désolé.e pour le grand nombre de questions posées, j’espère que tu pourras nourrir ma curiosité.
De mon côté, le lieu que j’habite depuis un court temps a rejeté l’axe d’analyse purement rationnel et scientifique de la vie. On vit avec l’incertitude; dans les nuances de »la vérité », si elle existe bien sûr. C’est par des histoires qu’on apprend à prendre conscience du territoire autour de nous. Chaque individu aide à tisser un récit collectif, qui est en retour interprété librement par chacun.e. C’est dans cette mesure que ce lieu a réussi à faire éclater la dichotomie entre la communauté et l’individu : selon un certain L. Palardy , « la réalisation du collectif ne nécessite pas la destruction de l’individu », comme on aurait pu voir dans les régimes communistes du monde que j’ai quitté. Certes, il me fut difficile de comprendre cette aspect de la société qui me fut purement étrangère au début.
Aujourd’hui, nous sommes toustes partis cueillir la Berce Laineuse . Nous sommes revenu.es paniers pleins, prêt.e.s à faire sécher les fleurs pour des fins médicinales. C’est ainsi que chaque personne apprend, toustes ensemble. On m’a dit que cette plante, sous forme de tisane, apaise les maux de têtes… bien plus intéressant qu’un ibuprofène, ma foi!
Bref, j’attends ta réponse avec impatience cher.ère Sisyphus Béatus!
Uzeb Anicius