Bonjour Encéphaline,
Je suis Sysiphum Beatum, philostorien.ne de la civilisation d’Interra. Je trouvais passionnante ton aventure sur l’Île et ta description de la beauté de Saule Pleureuse.
Au cœur de l’Oniris et du Symbio, il m’arrive de penser à la connaissance et aux faits que nous prenons pour réalité. Pouvoir expérimenter la subjectivité de ceux autour de moi m’a mené à me questionner sur la réalité objective sur laquelle se fonde les sociétés précédant celle qui m’a accueilli.
Des siècles durant, nous fondions notre perception de la réalité sur des faits quantifiables et mesurables. Cela avait son utilité, mais a renié à notre vie tout sens que nous lui trouvions. Le nihilisme affirme qu’il n’y a pas de sens à l’existence, mais cette affirmation en elle-même n’est pas prouvable avec certitude. Cette philosophie est apparue entre autres par opposition aux sociétés forçant leurs individus à croire en des valeurs et croyances dominantes. D’autre part, l’existentialisme et ses dérivés demandent de créer son propre sens, même si celui-ci s’assume comme se basant sur l’incertitude.
Comment concilier la beauté des innombrables philosophies et spiritualités ayant touché les esprits et les cœurs à l’utilité des potentielles vérités et connaissances pratiques obtenues par les efforts de la science? Y a-t-il même une seule vérité atteignable avec certitude?
Au fil de mes réflexions, je fut poussé à une humilité et un agnosticisme puissant. Le seul moyen que je trouvai pour apprécier une multitude de visions du monde s’opposant les unes les autres fut de considérer l’action de se représenter le monde comme similaire à celle de créer de l’art. Chaque tentative de s’imaginer un système, une cosmologie, un sens ou même l’absence de celui-ci est l’équivalent de peindre dans le noir sur une toile dont on ne connaît pas la couleur ni les motifs pour tenter de reproduire ce à quoi nous pensons qu’elle ressemble.
Voir le monde ainsi me permet d’apprécier à la fois le nihilisme actif de Nietzche, l’illumination bouddhique, l’unité cosmologique de l’alchimie spirituelle, l’absurdisme de Camus et même la libération spirituelle par l’introspection chez le gnosticisme.
Je suis curieux de savoir quelle œuvre d’art toi et tes contemporains avez-vous créé pour votre conception du monde. J’espère y découvrir d’autres beautés et sens à apprécier.
– Sysiphum Beatum