séminaire spinoza
voici trois proposition tiré de l’éthique qui nous aiderons sur l’Amour et l’engagement quel créer avec le corps et l’esprit.
la proposition 11 nous permettra surtout de comprendre les concept de joie et de trsitesse chez spinoza et nous aidera à développer sur les proposition 12 et 13.
la prosposition 12 est relié aux concept de puissance qu’il faut voir comme comme l’accomplissement de son être.
et la proposition 13 nous permettrons de réfléchir sur la puissace et l’amours.
Baruch Spinoza, L’ÉTHIQUE (1677) [1930] [1993] 136
PROPOSITION XI
Ce qui augmente ou diminue, aide ou empêche la puissance d’agir
de notre corps, l’idée de cette chose augmente ou diminue, aide ou
empêche la puissance de penser de notre esprit.
DÉMONSTRATION
Cette proposition est évidente d’après la proposition 7 de la
deuxième partie, ou encore d’après la proposition 14 de cette deuxiè-
me partie.
SCOLIE
Nous voyons donc que l’esprit peut subir de grands changements,
et passer tantôt à une perfection plus grande, mais tantôt à une moin-
dre ; et ces passions nous expliquent les sentiments de la Joie et de la
Tristesse. Par Joie, j’entendrai donc dans la suite la passion par la-
quelle l’esprit passe à une perfection plus grande ; par Tristesse, au
contraire, la passion par laquelle il passe à une perfection moindre.
En outre, le sentiment de la joie rapporté à la fois à l’esprit et au
corps, je le nomme Chatouillement ou Gaîté, et celui de la tristesse,
Douleur ou Mélancolie. Mais il faut remarquer que le chatouillement
et la douleur se rapportent à l’homme, quand une de ses parties est
plus affectée que les autres ; la gaîté, au contraire, et la mélancolie,
quand toutes ses parties sont pareillement affectées. Ce qu’est, [153]
d’autre part, le Désir, je l’ai expliqué dans le scolie de la proposition 9
de cette partie ; et à part ces trois sentiments, je n’en reconnais aucun
autre comme primitif, et je montrerai dans la suite que les autres nais-
sent de ces trois.
Mais avant de poursuivre, il convient d’expliquer ici plus ample-
ment la proposition 10 de cette partie, afin que l’on comprenne plus
clairement pour quelle raison une idée est contraire à une autre.
Dans le scolie de la proposition 17 de la deuxième partie, nous
avons montré que l’idée qui constitue l’essence de l’esprit enveloppe
l’existence du corps aussi longtemps que le corps lui-même existe.
Ensuite, de ce que nous avons montré dans le corollaire de la proposi-
tion 8 de la deuxième partie et dans son scolie, il suit que l’existenceBaruch Spinoza, L’ÉTHIQUE (1677) [1930] [1993] 137
présente de notre esprit dépend de cela seul, à savoir que l’esprit enve-
loppe l’existence actuelle du corps. Enfin nous avons montré (voir les
propositions 17 et 18 de la deuxième partie, avec leur scolie) que la
puissance de l’esprit, par laquelle il imagine les choses et s’en sou-
vient, dépend de cela aussi qu’il enveloppe l’existence actuelle du
corps. D’où il suit que l’existence présente de l’esprit et sa puissance
d’imaginer sont enlevées aussitôt que l’esprit cesse d’affirmer
l’existence présente du corps. Mais la cause, pourquoi l’esprit cesse
d’affirmer cette existence du corps, ne peut être l’esprit lui-même (se-
lon la proposition 4), ni non plus le fait que le corps cesse d’exister :
car (selon la proposition 6, partie II) la cause pourquoi l’esprit affirme
l’existence du corps, ce n’est pas que le corps a commencé d’exister ;
donc, pour la même raison, il ne cesse pas d’affirmer l’existence du
corps, parce que le corps cesse d’être ; mais (selon la proposition 17,
partie II) cela provient d’une autre idée qui exclut l’existence présente
de notre corps et conséquemment de notre esprit, et qui par consé-
quent est contraire à l’idée qui constitue l’essence de notre esprit.
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PROPOSITION XII
L’esprit, autant qu’il peut, s’efforce d’imaginer ce qui augmente
ou aide la puissance d’agir du corps.
DÉMONSTRATION
Aussi longtemps que le corps humain est affecté d’une façon qui
enveloppe la nature de quelque corps extérieur, aussi longtemps
l’esprit humain considérera ce corps comme présent (selon la proposi-
tion 17, partie II), et conséquemment (selon la proposition 7, partie
II), aussi longtemps que l’esprit humain considère quelque corps exté-
rieur comme présent, c’est-à-dire (selon le scolie de cette proposition
17) l’imagine, aussi longtemps le corps humain est affecté d’une fa-
çon qui enveloppe la nature de ce corps extérieur ; et par conséquent,
aussi longtemps que l’esprit imagine ce qui augmente ou aide la puis-
sance d’agir de notre corps, aussi longtemps le corps est affecté de
façons qui augmentent ou aident sa puissance d’agir (voir le postulat
1) ; et conséquemment (selon la proposition 11), aussi longtemps laBaruch Spinoza, L’ÉTHIQUE (1677) [1930] [1993] 138
puissance de penser de l’esprit est augmentée ou aidée ; et par suite
(selon la proposition 6 ou 9), l’esprit, autant qu’il peut, s’efforce
d’imaginer ces choses. C.Q.F.D.
PROPOSITION XIII
Quand l’esprit imagine des choses qui diminuent ou empêchent la
puissance d’agir du corps, il s’efforce, autant qu’il peut, de se souve-
nir de choses qui excluent l’existence de celles-là.
DÉMONSTRATION
Aussi longtemps que l’esprit imagine quelque chose de tel, aussi
longtemps la puissance de l’esprit et du corps est diminuée ou empê-
chée (comme nous l’avons démontré dans la proposition précédente) ;
et néanmoins l’esprit imagi-[155]nera cela, jusqu’à ce qu’il imagine
autre chose qui en exclue l’existence présente (selon la proposition 17,
partie II) ; c’est-à-dire (comme nous venons de le montrer) que la
puissance de l’esprit et du corps est diminuée ou empêchée, jusqu’à ce
que l’esprit imagine autre chose qui exclut l’existence de cela, et par
conséquent l’esprit (selon la proposition 9) s’efforcera, autant qu’il
peut, d’imaginer cette autre chose ou de s’en souvenir. C.Q.F.D.
COROLLAIRE
Il suit de là que l’esprit répugne à imaginer ce qui diminue ou em-
pêche sa puissance et celle du corps.
SCOLIE
Par là nous comprenons clairement ce que c’est que l’Amour et ce
que c’est que la Haine. L’Amour, en effet, n’est rien d’autre que la
Joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure ; et la Haine, rien
d’autre que la Tristesse accompagnée de l’idée d’une cause extérieu-
re.
Nous voyons de plus que celui qui aime s’efforce nécessairement
d’avoir et de conserver présente la chose qu’il aime, et, au contraire,
celui qui hait s’efforce d’écarter et de détruire la chose qu’il a en hai-
ne. Mais de tout cela il sera traité plus amplement dans la suite