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Qu’on s’en saisisse pour se libérer… ou pour soumettre!

Ceci est une réponse à la lettre Désir et amour

Chère Encéphaline,

Je me présente, La Force,
Le Mat n’étant pas disponible pour répondre; le sera-t-iel?
J’hésitais à faire venir L’Amoureux, mais il semblerait que tu m’as appelé.

Le désir est-il une arme?

J’aime le percevoir comme une artificialité, en l’associant à la volonté
et en l’opposant aux besoins.
J’ai besoin d’être aimé, d’aimer, de me nourrir, me loger, de m’exprimer…
Comment puis-je désirer ce qui m’auto-détruit ou ce qui produit notre
inexistence?
Et pourtant on y procède.
Avec ou sans influences?

Pour moi, désirer ce dont j’ai besoin ne serait pas un désir.
Dans cette mesure, est-ce qu’il serait réservé à l’oisiveté?
Faudrait-il avoir le pouvoir et les moyens pour y répondre?
Est-ce que la volonté se développerait dans des conditions d’inaccessibilité?

Si les désirs sont nécessaires,
L’enjeu résiderait-il dans la méthode d’identification de « fausses »
ou « vraies » nécessités? De différenciation entre aliénation et force
vitale?
Entre ce que les gens veulent et le contrôle de l’accès de l’objet – ou le
sujet – du désir?
Lorsque des entités s’insèrent entre sujets et objets, puis deviennent medium

Dans la mesure où nos désirs ne seraient pas conditionnés,
La réalisation me semble rester un enjeu primaire.
Il ne me semble pas que le désir subsiste après la réalisation de ce qui est
recherché.
Sinon par déréalisation, fréquence ou continuité.
Quant à désirer l’inatteignable – à quoi bon?

Les désirs ne sont-ils pas nécessairement conditionnés?
Partant de la citoyenneté ou la participation obligatoire à un État – voire une
civilisation -qui a des raisons d’exister, qui cherche à se reproduire et à
survivre en se complexifiant et en s’efforçant d’intégrer une
multi-dimensionalité unidimensionnelle (L’homme unidimensionnel de Marcuse), on
ne pourrait s’en défaire qu’à l’arrêt de son existence, ou quand on arrêterait
de croire collectivement à sa narrative fondatrice.

On a bien vu sur Terre, le mouvement ayant été réglementé, la légalité faisant
office d’un totalitarisme chrématistique, l’échelle d’organisation étant d’ordre
militaire et possiblement mésadapté aux créatures qui y vivaient… L’idée d’intégrer
toutes formes de pensées à un régime économique qui ne défient pas sa logique,
ou qui lorsqu’elle le faisait était un antagoniste, me semble cadrer tous
désirs.
 
D’autre part on voyait aussi constamment des attaques sur les droits de la
personne et sur la démocratie, qui sont certainement sortes de bastions de création
populaire voulant, sinon libérer complètement les désirs, le plus que la
structure en permettrait.

En effet, comment penser le désir?

Puis-je le penser?

À mes yeux, on gagne à discipliner nos désirs dans des sociétés où des minorités
accumulent des moyens et conséquemment une autorité sur la masse irrationnelle désirante.
Voire c’est nécessaire de se discipliner quand l’accès et l’offre n’ont aucune
discrimination, notamment en terme de justice sociale, afin d’établir des conventions.
Je suggère que ce serait un prérequis quand le désir est de subvertir l’ordre
social.

Autrement comment dire

« Non, nous refusons! » ?

Si les sociétés sont fondées sur la nécessité d’association pour répondre aux
besoins;

Est-ce que les lois devraient avoir comme fonction primaire de limiter au
maximum toute autorité pour maximiser dignité, respect et justice, maximiser l’inclusion
et minimiser l’exploitation, entre autres…
Considérant que les lois sont hiérarchisantes de façon inhérente?



Comment manifester une révolution
non-hiérarchique et non-hiérarchisante?
Je ne sais pas!
Comment mes ancêtres y en sont-iels arrivé.e.s?

En réprimant les désirs d’autorité et s’assurant qu’ils ne se réalisent jamais?
Je propose de convenir.

Alors si des leaders sont nécessaires,
ils ne peuvent qu’exprimer les désirs de la masse
Et ils ne peuvent devenir représentant.e.s.
On ne peut laisser la structure Étatique et médiatique déterminer comment nous pouvons
s’y opposer.

Ou bien, réformer et accepter de s’opposer aux intérêts économiques, accepter de
peut-être ne faire aucun gain, devoir se conformer aux règles des élites
politiques et bien-sûr, s’institutionaliser.

Les désirs et les intérêts d’association sont-ils toujours pervertis par l’institutionnalisation?

Si on vit aujourd’hui comme on aimerait vivre après la révolution, ne serait-ce
pas un commencement?

S’agirait-il simplement de voir d’où proviennent nos sentiments, nos émotions
et de les légitimer ou les réévaluer en cette fonction?

Comment faire de justes évaluations si l’accès à l’information exclut sur quelque
base – autrefois économique?

Si désir et amour deviennent peur, est-ce parce qu’ils
nous seraient potentiellement un danger?



Certainement que je n’ai pas envie de causer de tords et de
me voir retirer ma dignité en m’enfermant et m’isolant de la société.
Si j’avais vécu au 21e siècle sur Terre, me serais-je laissé emporté
par mes désirs qui opposaient le régime durant la période bourgeoise?
À cette époque, la prison réduisait presque totalement l’agence politique, à
moins d’être comme un Sean Swain.

Dans ma société, le désir est un concept qui est difficilement définissable, peut-être
parce qu’il relate de symptômes d’un système qui nous est de plus en plus
étranger, mais nous n’oublions pas.

Tu m’excuseras je ne vois pas très loin, mais je
pense avancer tout de même, ne prétendant qu’à moi-même.


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