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Pourquoi attendre tout de l’autre?

Salutations pluvieuses à toi ! 

La dernière fois que l’on s’est parlé•es, nous avions planché sur la question du temps, à savoir s’il est cyclique, linéaire, cylindrique. Si cette question métaphysique peut être intéressante, ce n’est pas elle qui a occupé mon esprit dans les derniers jours, d’autant plus que j’aurais bien tendance à me réfugier dans le temps cyclique.

J’ai fait du Phare mon milieu de vie. C’est carrefour intéressant entre plusieurs endroits alors je vois des gens de la Ruelle Graffitée, j’entends les Rankatabuti de l’Île, le commis du dépanneur de l’Asile, et bien souvent, Uex k s’arrête pour jaser et me faire part de ses méditations que je ne comprends pas toujours. N’empêche, l’autre jour, nous avons discuté de botanique. Nous en sommes venu•es à la conclusion qu’il serait intéressant d’organiser un repas ensemble à partir de ce qui pousse aux alentours du Phare. Ça t’intéresserait d’y participer ? On ne sait pas trop quoi cuisiner encore, Peut-être que tu pourrais nous aider à penser au menu ? J’ai vu Le Mat au loin il y a quelques jours et il avait un livre en main qui pourrait nous être utile, TITRE DU LIVRE.  // Hildegarde de Bingen? Ça te dit quelque chose ? 

Dernièrement aussi, je ne sais plus trop c’est quand, Uzeb est venu•e me visiter et m’a laissé une pièce de théâtre de l’auteur Térence. Il s’agissait de l’histoire de deux frères, séparés à la naissance et éduqués par deux pères différents. Les deux frères courtisent des femmes mais ne vivent pas des relations super intéressantes et épanouissantes avec leur père, à qui ils tentent de cacher leurs actions, et toujours de sauver l’honneur de la famille. Spontanément j’ai pensé : à quoi ressemblerait une telle histoire si les personnages principaux étaient féminins ?

La seule chose c’est que ce référent genré, et celui de la famille, est bel et bien dans mon esprit, mais autour de moi difficile à dire s’il existe réellement. Et donc, est-ce une réalité à laquelle je peux me raccrocher ? 

Au Phare, les liens entres les individus semblent plutôt basés ce qui est partagé et en commun, et de ce que j’en comprends – ça fait tout de même que quelques mois que j’ai quitté mon emploi et que j’y vis ici en exil – c’est tout ce qui concerne la nourriture qui unit les gens entre eux et au reste du monde ; la nourriture en son sens très très large, c’est-à-dire ce qui nous transforme et mélange avec le monde. Au fond, les vivants se nourrissent de tous les autres types de vivants et même de certains éléments propres au territoire du Phare. J’ai cherché à mettre la main sur le livre de Biosophie pour mieux comprendre, mais je n’ai pas trouvé. L’aurais-tu vu récemment ? Il me semble te l’avoir prêté, à toi ou à Bontux Kencanna.  

Le fait d’être situé•e dans un lieu de passage, avec beaucoup de temps devant m’a donné envie d’enquêter – je pense aussi que c’est Uex k qui m’a inspiré avec ses méditations et ses rosiers bien entretenus. 

J’attends toujours des nouvelles de ma soeur et je me demande bien pourquoi je me suis plongée dans une telle attente, même de telle espérance. Voyant que la botanique ici prenait un tout autre sens, ça m’a donné envie de comprendre ce qui relie les vivants les uns aux autres, et sur quoi leurs relations reposent. Je te parlais de la nourriture, qui semble être un élément commun important, mais au-delà de l’aspect concret et matériel des choses, qu’est-ce permet les relations ? Qu’est-ce qui les délimitent ? Qu’est-ce qui les entretient ?  Qu’est-ce qui les alimentent ? Qu’est-ce qui les transforment ? Et qu’est-ce qui les concluent, les terminent, les sabotent ? 

D’entrée de jeu je te disais que la questions métaphysique du temps m’ennuyait un peu et que j’avais choisi mon camp mais celles à propos de l’amour, me taraudent. Et c’est bien pourquoi je me tourne vers toi.

Je ne sais plus trop où tu en es. La dernière fois qu’on s’est vues tu chantais Solo d’Angèle a tue-tête dans un chalet de l’Asile. Je t’espère en aussi grande forme ! 

Olive et Gourmandise, 

Virginia Lou

Réponse de Cléo-Louis: Donnons-nous les moyens de ne pas rester solo

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