Ceci est une réponse à la lettre Pourquoi attendre tout de l’autre?
Virginia,
Beaucoup de belles, inspirantes choses dans ta lettre. J’espère que tu me permettras de choisir de répondre à la question qui m’appelle le plus.
« Je te parlais de la nourriture, qui semble être un élément commun important, mais au-delà de l’aspect concret et matériel des choses, qu’est-ce permet les relations ? Qu’est-ce qui les délimitent ? Qu’est-ce qui les entretient ? Qu’est-ce qui les alimentent ? Qu’est-ce qui les transforment ? Et qu’est-ce qui les concluent, les terminent, les sabotent ? «
Comme toi, je pense qu’il est réducteur de penser les relations uniquement autour de ce qui concrètement et matériellement les génère. Justement, tu ne m’as pas invité simplement à manger de la nourriture dans un contexte quelconque. Il y a dans le concept d’un repas une idée des plus communautaires. Le rassemblement quotidien de familles et d’amis, l’occasionnel moment de célébration, l’assouvissement d’un désir gourmand. Tel le Phare, l’endroit du repas détient souvent une valeur symbolique: un lieu de trêve de noirceur, permettant de briller sous la lumière des autres.
Pour répondre plus directement à ta question, je pense que le principal (si pas unique) facteur qui influence les relations est ce que chacun des partis a à offrir à ce lien. Par exemple, toi et moi, aussi éloignées sommes nous, avons nos mots à offrir. Ce qui délimitera notre relation n’est non pas l’étendu du lexique que nous nous enverrons, mais bien les souvenirs que nous emporterons de chaque lettre. Ce qui transformera notre relation est la manière dont nos mots nous impacteront, nous et notre mémoire.
Je m’excuses, Virginia, s’il ne s’agit pas de la réponse que tu attendais, mais c’est celle qui m’apparait sincère!
À bientôt
Cléo-Louis