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Réel ou imaginaire

Aqua Flagrance,

Tu abordes dans ta lettre la question me passionnant le plus, celle qui, à mon humble avis, représente parfaitement la vie des Adelphes mais peut-être aussi tout esprit de communauté et toute forme de solidarité. Il est impossible d’aller à la rencontre de l’autre sans comprendre que l’imaginaire et la réalité ne font qu’un.

J’ai bien ressenti que pour toi les transports de l’imaginaire ne sont pas des métaphores, que la frontière entre la réalité et le rêve n’en n’est pas une. C’est si différent de ce que la culture occidentale nous a laissé croire dans le passé que je me demande bien comment ne pas t’envier le mouvement de ta barque sur le lac Nitchequon. Je suis étonné d’apprendre que mon manuscrit ait pu se rendre jusque là.

Ces dérives sont-elles dues au hasard? Qu’est-ce qui fait que tu te retrouves sur un cours d’eau plutôt qu’un autre?

Toi aussi tu aimes la pluie!

Rosa Candida est sous la pluie depuis si longtemps que je peine à savoir ce qu’est le soleil, c’est bien pourquoi je médite la Renaissance des plantes.

Or les choses changent. Une nuit, il n’y a pas si longtemps, il a neigé. J’avais déjà entendu parler de la neige mais je n’en avais jamais vu, je suis resté là sans bouger, ému et silencieux. La musique rassemble mais on dirait que sous la neige le silence aussi est rassembleur. La pluie est musique, la neige silence. J’en suis venu à croire que si la glace se reformait, l’Adelphe pourrait à nouveau célébrer sous les aurores boréales.

Mais que deviendrais-tu? Il te faudrait des traineaux, des skis et des vêtements chauds.

Que les plus hautes vagues te mènent là où tu es !

Uex K.

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