NAISSANCE DE L'UTOPIE

Le Phare

C’était le long week-end du mois de septobre, où à l’occasion de la fête des Saules, il était possible pour Sylvie-Anne de se rendre au Phare. Un vent froid la traversait, l’air était chargé de pluie. À travers la friche où elle déambulait, d’autres sentiers avaient pris forme. Elle en déduit qu’elle n’était pas seule à venir s’adosser au Phare et attendre.

Les herbes hautes conjuguées au vent qui soufflait rendaient sont chemin assez pénible, mais Sylvie-Anne était bien. Il y a longtemps qu’elle n’avait pas eu de temps pour elle. Constamment, on la sollicitait pour opérer des changements, intervenir dans des trajectoires de vie, annuler des inscriptions, évaluer la charge de travail adéquate et donner à qui le veut bien son cours complémentaire favori. Par chance, Sylvie-Anne était sensible et avait du flair. Elle pouvait donc travailler rapidement. C’était essentiel, surtout depuis le moment du Grand Tournant où l’on avait remis encore plus de pouvoir entre les mains des API.

Là voilà rendue au Phare. Adossée à celui-ci, elle se prend à rêver d’un monde où elle n’aurait pas à intervenir constamment, où les changements pourraient advenir sans qu’elle doive s’en mêler et toujours rédiger des missives cordiales et professionnelles. Elle rêve de moins de pouvoir, elle rêve de transformations plus organiques.

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