Ordre du jour :
Retour sur l’expérience de Philopolis.
Événements à venir :
Rawls ?
Micro ouvert, où en est la préparation ?
Définition de la prochaine rencontre prévue le 24 mars : François et Édouard… qui aimeriez-vous inviter ?
Encouragement à commencer vos rédactions et médiagraphie sur le site du Concours Philosopher.
Discussion à partir de l’écoute de Drôle d’abeille.
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Compte rendu
Voici un résumé et un condensé des notes que j’ai prises durant la rencontre du 10 mars. J’ai essayer de me fier à celles-ci et à ma mémoire, mais il est évident que je n’ai pas tout retenu. En fait, au fur et à mesure de l’écriture, j’ai réaliser que c’était sûrement plus mes réflexions qui sont ressortis ici que se qu’on a mentionner. J’en suis désolé, j’espère que se qui est écrit sera tout de même valide et intéressant. N’hésiter pas à ajouter ou commenter sur le texte. À bientôt!
Nous avons commencé par parler du film Bee movie (Drôle d’abeille); voici les grands points de notre discutions à se sujet.
- Derrière le film; un message idéologique? D’un côté, le film semble n’être qu’un produit de divertissement qui raconte une histoire banale pour les enfants, mais en même temps, peut-être qu’il y a quelque chose de plus « profond » ou de plus important derrière cela, à travers les personnages que le film présente (« gentils » et « méchants »), le contenu « morale » qu’il semble contenir indirectement et les métaphores qu’il semble suggérer avec la réalité (entre autres). À voir… Il reste quand même que ça nous amène à réfléchir sur les nuances, les « sous-entendues » et les messages indirect que peut contenir un discours, une œuvre, etc. Est-ce que ses choses, ses stratégies et ses mécanismes cachées dans le discours sont réel ou sont ils le fruit d’une sur-analyse ou d’une « hypersensibilité »? Il me semble que c’est justement une critique qu’on fait souvent au « wokisme »: celle-ci voit partout du racisme, des microagressions, etc. Est-elle fonder? Et si ses processus et stratégies utilisées et cacher dans le discours pour communiquer certains messages, renforcer certaines idées sont bel et bien réel; sont ils utilisées et sollicitées consciemment, de manière réfléchie (par les grandes industries culturelles par exemple, à des fins idéologiques), ou sont-ils plutôt le produit d’un inconscient individuel ou collectif? (ou un mélange des deux) À débattre…
- La question du droit. Face à l’exploitation et l’injustice que vive les abeilles, Barry utilise le droit (le droit humain) pour la défense ainsi que la protection des abeilles (et il réussit cela avec le droit). Que pensez de cela? Est-ce un utopisme pur, la croyance en la force intrinsèque de la justice ainsi que de la morale pour combattre l’ordre existant? L’ordre existant est le rapport de productions entre les abeilles travailleuses, produisant le miel tout en étant dépossédées de leurs moyens ainsi que du produit de leurs travails, et les humains possédant des entreprises de miel, qui possèdent les moyens de productions et s’accaparent le produit du travail des abeilles (analyse marxiste). La justice en tant qu’institution de la société ne participe-elle pas au maintien de cet ordre existant? Cela nous amène à considérer quel est la capacité et les limites du droit pour agir sur le monde social. Jusqu’où est-ce qu’une institution d’une société peut changer cet société? Il me semble que la question se pose par rapport à notre problématique; on voit de plus en plus des critiques (qui ne sont pas nécessairement nouvelles) de l’incapacité du droit et du système de justice à répondre à certaines formes de protestations qui sont faites, soit parce que celle-ci critique les fondements mêmes de la société (exemple: la critique marxiste) ou parce que la manière dont le système de justice fonctionne rend difficile voir impossible que les protestations débouchent sur de véritables conséquences/sanctions (exemple: les cas de viol, où les survivantes et survivants ont énormément de difficultés à être considérer et obtenir justice).
- Rhétorique douteuse: blâmer le « désordre » du monde sur ceux qui le contestent et qui cherchent à s’émanciper des contraintes de celui-ci. Dans le film, on voit comment le déséquilibre écologique résultant du changement dans les rapports entres humains et abeilles est présentée comme étant dut à une rupture avec « l’ordre de la nature » qu’aurait provoquée les abeilles en voulant changer les choses. À travers cela, on peut voir une rhétorique qui à tendance à revenir directement ou indirectement dans le monde social, et qui mérite d’être sérieusement questionner: la contestation d’un ordre hiérarchique par ceux qui sont au bas de cette hiérarchie est souvent présentée comme une critique d’un ordre naturel ou du moins un ordre qui est bénéfique et harmonieux, qu’il conviendrait de préserver.
- La place de la femme dans l’œuvre. Le place ainsi que la représentation de la femme/des rapports hommes-femmes semblent être problématique à deux niveaux. Premièrement et plus concrètement, alors que les hommes abeilles sont présentées comme pouvant avoir toutes sortes de fonctions, ayant toutes sortes de spécialités ainsi que de personnalités, les femmes abeilles sont présentées presque toutes pareil: hors de « l’action », séductrice, etc. Cela est évidemment problématique en soi, considérant surtout le message que ça envoi aux jeunes enfants qui sont le public cible de se film. Deuxièmement, il convient de se demander qu’est-ce qui fait que dans l’élaboration d’un monde ainsi que d’une société fictive, celle-ci était patriarcale. On peut se questionner sur nos représentations et notre imaginaire collectif, considérant que nous faisons référence et que nous utilisons ceux-ci constamment pour présenter des arguments, raconter des histoires, etc. Pourquoi semble-il que le concept de société, tel que représenter dans Bee movie et dans une foule d’autres films d’animations du genre, est presque nécessairement patriarcale?
- La ruche: société capitaliste, communiste, … ? Il est difficile de cerner clairement quel est le système social général de la ruche. Il semble que celle-ci contient des éléments à la fois capitaliste, glorification de la position sociale, et des éléments communistes, production planifiée par une autorité centralisée. Est-ce possible qu’elle ne soit pas complètement une, ni complètement l’autre? À voir.
- Qui est Vanessa? Avec Barry, Vanessa est l’autre personnage principal auxquels le film veut qu’on s’identifie (elle est dans le clan des « gentils »). Qui est-elle en tant que personnage? Une interprétation qu’on peut faire d’elle est qu’elle représente la personne dite « juste » de aujourd’hui: « éveiller » à ses privilèges et à l’oppression d’autres groupes ainsi qu’à la valeur de la vie des personnes de ses groupes (quand elle sauve Barry: « toutes les vies ont une valeur »). Elle ne cherche pas à s’imposer ou à prendre parole à la place des personnes opprimées, mais à être une alliée dans leurs luttes.
Ensuite, nous nous sommes un peu éloignés du film pour parler de la Fable des abeilles de Mandeville.
- Propositions générales de l’œuvre: les vices privés produisent le bien public. Mandeville souhaite révéler ou montrer des mécanismes sociaux à l’œuvres, qu’ils considèrent et posent comme universels (présent naturellement de tout temps, dans toutes sociétés) mais qu’on peut interpréter dans leurs liens avec ceux de la société capitaliste en train d’advenir dans le monde occidental à son époque. Se qu’il veut montrer est que l’ordre et la prospérité d’une société, est assurée si chaques individus recherchent leurs intérêts particuliers (égoïstes). En recherchant mon enrichissement personnel, je contribue indirectement et sans le vouloir à l’accroissement général de la richesse, et donc du « bien public » selon Mandeville. Exemple; si je possède une entreprise et que je cherche à augmenter mon profit (rechercher mon intérêt personnel), j’augmente ma production et donc j’augmente la quantité/diversité de biens disponibles sur le marché, j’engage plus de personnes, etc. Bref, je contribue positivement à la société en recherchant mon propre intérêt. En présentant se mécanisme, Mandeville souhaite non seulement nous faire voir son existence, mais il fait une critique de notre manière de penser et de notre manière de juger qui entre en contradiction avec celle-ci. En effet, Mandeville semble montrer que la morale issue de la chrétienté présentant l’altruisme comme une vertu et l’égoïsme comme un vice est problématique puisqu’elle est contradictoire avec le fonctionnement de la société (le fonctionnement naturel et universel d’une société). Contre celle-ci, il propose indirectement une nouvelle manière de penser ainsi que de juger; il faut penser à soi ainsi qu’à ses intérêts dans nos relations avec les autres, et il faut juger les actions non pas sur leurs intentions (qui sont toujours égoïstes selon lui) mais sur leurs effets. Ainsi, une société et des individus ne doivent pas êtres jugées selon la passion qui les anime (altruisme ou égoïsme), mais selon l’effets de ses passions: rendent-elles la société plus ou moins prospère et stable? La société que Mandeville décrit et la « morale » qu’il propose peut-être interprétée comme étant dénuer de tout dogme religieux: la société n’est pas organiser et structurer autour de l’idée d’un bien commun ou d’une idée de la justice, mais par le lien qui se crée entre des individus égoïstes cherchant leurs intérêts, et les activités des individus et des sociétés sont juger sur des critères qui sont posées comme « hors de toutes discussion » ou de toutes oppositions possibles, car « objectivement » bon: la prospérité ou la richesse matérielle, la stabilité et la paix.
- Mandeville et le libéralisme : Est-ce que le mécanisme social et la morale que propose Mandeville est indépassable?, est-ce qu’il y a une alternative à cet forme d’organisation et de fonctionnement social? Mandeville semble affirmer clairement que le mécanisme qu’il décrit est universel et naturel, toutes les sociétés sont soumises à celle-ci. Se qui suit logiquement de cela est la nécessité de créer une société qui reconnaisse et s’appuie consciemment sur ces lois et ces mécanismes posées comme universel et naturel, inchangeables et inévitables. Il me semble que cela est le projet que va accomplir le libéralisme: créer un ordre social dont la légitimité, l’ordre et la prospérité est supposée découler de l’intérêt personnel de chaques individus, donc en cohérence avec notre nature égoïste. La légitimité du gouvernement et de l’État dans une société libérale est présenter comme suivant de la proposition que celui-ci est avantageux pour les individus car ils protègent leur droits et leurs libertés. L’individu aurait donc intérêt à délaisser une partie de sa liberté et de son pouvoir pour le donner à un pouvoir public reconnu si il serait dans une situation où il aurait le choix entre vivre sans ou avec celui-ci. L’ordre dans la société libérale entre les individus est essentiellement le produit de la reconnaissance de l’intérêt de chacun à vivre en paix (pour le commerce et pour la sécurité surtout), ainsi que l’existence de lois fixes et connues par tous ainsi que d’institutions supposées impartial pour les garantir. Pour se qui est du pouvoir politique, celui-ci est à la fois limitée par les lois et par le pouvoir politique lui-même, qui est divisée et qui s’oppose en lui-même afin d’éviter le règne d’un seul groupe et d’une seule volonté sur la société. Bref, l’ordre et la paix social est maintenu par la conscience de l’intérêt de tous pour la paix, ainsi que par des lois et des dispositifs institutionnels qui empêchent l’imposition d’un pouvoir autoritaire arbitraire de un sur un autre ou des uns sur les autres. Finalement, la prospérité découle du fait que la recherche et la maximisation de l’intérêt privé de chaque individu résulte en une augmentation générale de la richesse matérielle d’une société, puisque chacun contribue indirectement et involontairement à la quantité/diversité de biens, de services et d’emplois offert pour tous sur le marché.
- L’impasse contemporaine, le néolibéralisme et l’avenir : Comme on a vu, le mécanisme que décrit Mandeville et la morale qu’il propose sont des éléments fondamentaux du libéralisme. La société et le monde libérale/capitaliste dans lequel nous vivons, au moins en principe et de manière formelle, est effectivement très « mandevillien », encore plus depuis les années 1980 avec l’imposition progressive du néolibéralisme un peu partout. Le néolibéralisme veut affirmer plus ou moins la « suprématie » du libéralisme/capitalisme comme étant la seule forme d’organisation sociale qui soit possible, fonctionnelle et désirable. « There is no alternative » disait Margaret Thatcher. Face à la chute de l’URSS et l’essoufflement de la gauche ainsi que de la perspective socialiste, qui était pourtant celle qui avait formulée la critique ainsi que l’alternative principale au libéralisme/capitalisme, le libéralisme semble s’imposer unique et indépassable, comme la seule forme d’organisation sociale possible, car elle serait en accord et en harmonie avec la nature humaine et le mécanisme ou les « lois » naturels de la société (celle que les décrit en partie Mandeville). Pourtant, le monde semble être loin d’être parfait ou « harmonieux »: l’inégalité (ainsi que la misère et la pauvreté qu’elle implique) semble être toujours grande et même croissante, la menace des changements climatiques qu’on aperçoit finalement dans toutes son ampleur et son importance mais qu’on peine à combattre, les critiques et les protestations d’ici et d’ailleurs qui montrent et dénoncent des formes de racisme, de sexisme et de colonialisme que les institutions et les sociétés libérales semblent incapables de comprendre ainsi que de combattre (et j’en passe). Le néolibéralisme pourtant s’impose presque comme fin de l’histoire, comme horizon indépassable de notre monde; comment et quoi faire pour dépasser les impasses et les problèmes de notre monde, que le néolibéralisme ne permet pas d’adresser ou même qu’il renforce?
- Perspective de nouvelle pensée et approche critique pour dépasser les impasses de notre monde: La pensée socialiste traditionnelle semble être incapable ou insuffisante pour comprendre et critiquer de manière incisive le statu quo, pour proposer une alternative totale. Les contradictions qu’elles posaient comme inhérentes au capitalisme semblent ne pas être aussi fondamentales, l’hypothèse de l’autodestruction imminente et inévitable du capitalisme ainsi que l’avènement nécessaire d’un monde communiste est fortement mis en doute. La mentalité/l’esprit qu’elle attribuait à la bourgeoisie semble être maintenant plus ou moins acceptée et célébrée par tous (individualisme, glorification et recherche des jouissances privées, etc.). Bref, plusieurs questions se posent par rapport à notre monde contemporain et à la perspective socialiste afin de faire face et de combattre nos impasses: est-ce que le socialisme est encore pertinent?, si oui, doit-il être renouveler, et comment? Est-il capable d’adresser des problèmes qui ne sont pas seulement économiques comme la crise climatique ou les formes contemporaines de racisme, sexisme, etc.? Est-il capable de reprendre de la force et d’être récupérée massivement par des mouvements sociaux? Est-il capable de proposer et de faire advenir une nouvelle société qui surmontent toutes les impasses d’aujourd’hui? Une des perspectives qui est explorée est d’aborder le problème du libéralisme ainsi que du capitalisme avant tout sous l’angle de la contradiction entre « humains et nature »; l’idéal social et individuel de croissance illimitée en biens et richesses matérielles et la réalité d’une planète aux ressources limité. Cela est le principe fondamental de l’éco socialisme, qui renouvelle le socialisme en intégrant dans son analyse la problématique écologique fondamentale du capitalisme, en plus évidemment de la problématique « humaine » à la base du socialisme. Cela est intéressant puisque ça nous amène à problématiser d’une manière différente le libéralisme et le capitalisme. À la place d’axer uniquement la critique sur la base du fait que les droits qu’ils professent pour tous ne sont pas des réalités (liberté, égalité, etc.) et que la prospérité que produit le système ne bénéficie pas équitablement à tous, ont problématise le fait même d’avoir comme idéal et impératif l’enrichissement. En plus de critiquer l’inégale répartition de la croissance produite par le capitalisme, on critique le modèle de la croissance infinie, qui est incompatible avec un environnement qui à des limites naturels. En plus d’un renouvellement de la critique du capitalisme, l’écosocialisme peut peut-être proposer directement ou indirectement une nouvelle critique totale de la modernité en soi. On à aborder cela un peu durant la discussion, et je ne suis vraiment pas asser instruit sur le sujet pour m’aventurer dans cet direction, mais je trouve extrêmement intéressant l’idée d’aborder le problème ou l’impasse de notre monde contemporain, qu’on l’appelle moderne, « hypermoderne » ou postmoderne, d’une toute autre nouvelle manière, qui nous permet de prendre en considération et peut-être de proposer une ou des alternatives aux impasses contemporaines comme celles du néolibéralisme, de la crise climatique, de la décolonisation, de la lutte contre le patriarcat, le racisme systémique, etc. Et si les problèmes contemporains ne sont pas séparables de celui de notre modèle de la science, qui est dans une recherche infinie d’une vérité qu’elle se refuse d’atteindre définitivement et qui procède par l’objectivation de se qu’elle étudie pour le comprendre et agir sur lui. Et si les problèmes contemporains ne sont pas séparables de l’idéal de la séparation et de la domination de l’humain sur la nature, du corps sur l’esprit, de la raison sur le désir. Se que je dis ici n’est pas nouveau je crois, mais il me semble que la question qu’il faut se poser, en lien avec notre problématique est si cette nouvelle perspective critique, qui problématise plus ou moins complètement la modernité en soi, peut être porteuse d’une nouvelle voie, d’une transformation radicale du monde et d’un dépassement des impasses présentes pour atteindre une nouvelle forme d’organisation sociale, de nouvelles formes de pensées et d’approches à la nature, aux corps, aux bien-être, aux sens…