Retranscription de mes notes de la rencontre du 10 février
J’essaye d’exprimer en mots/phrases clés les thèmes qu’on a vu. J’essaie de me baser le plus possible sur mes notes et mes souvenirs, mais je vais nécessairement accorder plus d’importance à certaines choses et à en oublier d’autres, je vous invite donc évidemment à rajouter et commenter pour reconstituer plus complètement ce dont on à traiter. J’ai fait ça quand même vite, j’espère que ça sera lisible/utile.. 🙂
Merci!
(En passant, j’en reviens encore pas à quel point c’était cool comme rencontre! tellement de choses à explorer!!)
- Psychologie et Utilitarisme
Apport important à la pensée occidentale au début du 20ème siècle; psychanalyse. Développe une conception de la psyché humaine comme quelque chose de beaucoup plus complexe et mystérieux, nous ne sommes pas des êtres rationnels; nous sommes animés par nos pulsions inconscientes, nos traumatismes d’enfance, etc.
En tension directe avec la psychologie utilitariste, qui va se développer dans l’autre doctrine dominante de la psychologie: le béhaviorisme.
L’utilitarisme ne considère que les effets et les ressentis des choses et des actions sur nous, sur notre sentiment. Ne cherche pas à sonder les mystères de la conscience. Elle ne s’attache qu’aux phénomènes psychologiques, ce qu’on peut constater, qu’elle réduit à deux choses: plaisir et douleur (et ainsi fonde sa philosophie morale sur les seules conséquences que les actions ont sur le plaisir et la douleur ressentie par individu).
D’un autre côté, Psychanalyse veut pénétrer la psyché humaine et démontrer sa dynamique profonde; nos intentions, notre volonté, etc.
Bref, est-ce que l’utilitarisme en tant que psychologie réduit et appauvrit la réalité de la psyché humaine?
- L’art et le romantisme comme réaction contre l’utilitarisme et la société moderne
Le nouveau libéralisme se fonde beaucoup sur un rejet ou un dégoût de la logique froide, rationnelle, sèche et contrôlante/exploitante de l’utilitarisme et de la société moderne occidentale en général. Toute activité, choix, etc. doit se justifier selon sa valeur calculable; son “utilité”, qui va se traduire sous la forme de l’argent.
Valorisation de l’art comme quelque chose qui défie la valorisation des choses selon leurs “utilités” (au bonheur individuelle ou collectif), qui ne se résume et ne se réduit pas au calcul. Celle-ci serait contestataire et révolutionnaire puisqu’elle refuse la logique et le mode de fonctionnement sociale; elle est dysfonctionnelle, elle perturbe le système puisqu’elle ne se conforme pas à ses critères, ses filtres, etc.
Mais est-ce que l’art (aujourd’hui ou avant) à encore une force sociale, politique? Sentiment que l’art a pleinement été intégré dans la logique mercantile/capitaliste, qu’elle est devenu un bien de consommation dont la valeur est fixée par la demande (comme les autres produits).
Sentiment que l’utilitarisme et le capitalisme a détruit l’expérience spéciale de l’art, a tué son sens, l’a défait de sa puissance. Cela ne faisait pas l’unanimité, à voir.
- Lien entre l’art, la culture et la politique
“Wokisme” et enjeux woke; semble être très lier à la culture. Fait de la culture un enjeu politique. Cela est critique, fait penser au fameux slogan féministe: le privé est politique. On montre le pouvoir et la domination en place dans des “domaines” qu’on considérait pas “politique” (donc naturel, allant de soi)
Lien avec la revue “Possible” (https://revuepossibles.ojs.umontreal.ca/index.php/revuepossibles/index), qui allie des poètes et des sociologues pour une alimenter une réflexion critique sur la société, proposant des actions et des possibilités d’émancipations. Dans cela; l’idée que l’art et la subjectivité sont des outils importants pour décentrer notre approche de la société de la perspective dominante ou de la perspective des sciences sociales traditionnelles, permettent de voir des choses qui étaient auparavant invisibles.
Lien avec le “wokisme”: la sensibilité et la subjectivité comme légitime dans le sens qu’elle informe et qu’elle signale (à travers des sentiments) une situation qui est problématique.
Rapport entre raison, sensibilité, subjectivité (Spinoza? un auteur à voir?)
- La question du language
(Approche plutôt politique) Le language comme quelque chose qu’on vit et dans/par lequel on doit cohabiter ensemble (bref, comme “espace public”), mais qui est vécu de manière complètement différent par chaque subjectivité qui y participe; les mots n’ont pas la mêmes charge et la même puissance. La langue comme quelque chose qui possède ses règles implicites et explicite, comment changer ses règles, comment vivre ensemble dans une langue considérant que celle-ci n’est pas la même, elle n’évoque pas les mêmes choses pour nous,
(Approche plutôt “métaphysique”) La langue comme quelque chose qui nous précède, on baigne dans la langue et on baigne dans une certaine langue; celle de nos parents, de notre entourage. Certains mots prennent une force, une “intensité”, la constitution de son propre langage comme inséparable de sa propre expérience du réel, de la famille, de la société. Ainsi on développe une langue qui nous est particulière, qu’on utilise pour référer au réel. (à voir plus)
- Le libéralisme et le communisme en tant que grand projet d’humanité
Deux grands idéaux sociaux, politiques, économiques et philosophiques; deux grandes oppositions qui ont marqué la modernité.
Représente tout les deux un projet historique universel, porteuse de valeurs et de principes distincts et forts.
Tout les deux se réclament de la science, de la vérité..
Cette impasse ne semble plus trop être la nôtre (parce que le libéralisme/capitalisme a gagné?, notion de fin de l’idéologie), impasse “post”-moderne: Est-ce qu’il y a une autre option que le néolibéralisme? est-ce que c’est le mieux qu’on peut faire, la limite du développement historique?, bref, la fin de l’histoire??
Le libéralisme; un projet qui a plus ou moins atteint sa “fin”; constitution aujourd’hui de société qui existe selon le consensus presque totale de la suprématie des droits individuels, du bonheur individuel, etc. Mais est-ce que c’est quelque chose qu’on veut vraiment… et aussi, est-ce que c’est quelque chose de viable/possible durablement et pour tous comme vision du monde et de la société (problème écologique surtout)
On parle d’avenir, mais on a de la misère à s’imaginer dans celui-ci, on a de la misère à s’imaginer quelque chose de radicalement différent à notre monde actuelle; on est prit un peu dans ce monde qu’on a créé, mais celui-ci nous semble problématique à plusieurs égards et on sent qu’on veut/qu’on doit faire quelque chose d’autre… mais quoi??
Le “Wokisme” par rapport à tout ça, est-ce que c’est simplement le prolongement ou la manifestation de la logique/culture libérale, ou si c’est le début potentiel de quelque chose de nouveau, une nouvelle approche du politique qui a des possibilités émancipatrice et progressiste véritable.