Ici des références vers des textes ou des auteur.es présentant des théories sociales susceptibles d’éclairer le débat.
- L’idéologie woke. anatomie du wokisme par Fondapol
Assez étoffée, permet de comprendre le fondement et les origines sociales du phénomènes. Possiblement certains biais de droite.
- Pour penser la culture par Édouard BT
Brève réflexion sur la culture, sa nature et la pertinence de son étude.
Il est de plus en plus clair pour moi qu’il se passe quelque chose de profond, d’étrange et de potentiellement révélateur dans la culture ainsi que le contact avec la culture populaire. Je pense surtout aux films. L’histoire qu’ils racontent, les personnages qu’ils mettent en scène et leurs comportements, etc.: tout cela semble à la fois imaginaire et complètement concret, à la fois étrange mais aussi complètement sensé. Gilles Deleuze, dans un tout autre contexte, a dit quelque chose de tout à fait conforme à cela: “on a l’impression d’un monde fictif, étrange, étranger, vu par d’autres créatures; mais aussi le pressentiment que ce monde est déjà le nôtre, et ces autres créatures, nous-mêmes.” (Gilles Deleuze, “Hume” dans Histoire de la philosophie IV par Châtelet) Le film est une réalité construite, vue d’un point de vue bien précis, mais on sent qu’il nous dit quelque chose de profond, directement ou non, sur le nôtre.
Il me semble donc qu’il faut penser la culture. Il faut qu’un travail de réflexion puis de théorisation soit fait à son sujet, de manière formelle et sur son contenu. Cela me semble nécessaire pour la simple et bonne raison que si nous ne la pensons pas nécessairement, celle-ci nous pense déjà, ou du moins elle nous dit quelque chose qui nous concerne directement. C’est que la culture me semble être indirectement et involontairement (ou non) l’expression condensée d’une période historique, d’une certaine société et d’un mode de vie par et pour les humains ou organisations humaines de cette période, ce mode de vie. La culture est à la fois représentation et produit: elle exprime et, en tant qu’elle est populaire, est dirigée vers un public pour la consommation. Son contenu est donc à la fois déterminer par ses producteurs et leurs conditions ainsi que par public et les siennes.
Mais à force de penser la culture, à l’analyser, il faut tant bien que mal essayer de maintenir le rapport intuitif que nous sommes tentés d’avoir avec elle, c’est-à-dire le rapport général, populaire face à cette culture populaire. C’est parce qu’elle nous parle et nous dit quelque chose qu’il faut chercher à le comprendre, mais il ne faut pas oublier de simplement l’écouter et de voir quels sont ses effets sur nous, quels idées elles produit, quels désirs elle crée, suscitent ou mobilisent, quels genre de personne elles forme… En plus d’une théorie de la culture il faut nécessairement garder une expérience de celle-ci, car c’est elle qui nous permettra de ne pas se perdre dans la théorie puis de maintenir contact avec la conscience populaire par le biais de son étrange reflet: la culture.