LA LETTRE

Pas d’Adelphes sans la lettre manuscrite, le temps d’attente avant de recevoir une réponse, la distance entre les mondes, toutes ces différences jusqu’à leur convergence dans les mots de l’échange épistolaire. C’est par la lettre que se font la rencontre entre soi et l’autre, la relation, la solidarité.

Demandez-vous ce qui donne envie

écrire une lettre ou

la recevoir

même si

et ne pas savoir comment ni

pourquoi écrire à qui ?

La lettre est l’objet singulier par excellence. Elle n’est pas l’un ou l’unique mais singularité. Comme elle s’offre à l’effort, son devenir ressemble à celui de la méditation, d’un écoulement ou un éclatement. La lettre concentre le désir, l’amitié et le désordre qu’elle évacue.

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«Je pense encore à notre discussion d’hier. Ce que j’en retiens et qui nourrit ma réflexion est que nous sommes vivants dans un monde saturé de fictions, mais aussi de théories, calculs, plans et modèles qui nous sont proposés. Nous faisons de plus en plus difficilement la différence entre ceci et la vie terrestre — la carte n’est pas le territoire. Redevenons des fermiers, interrogeant les cartographes… Déjà, bien sûr, on nous demandera d’expliquer. Pour éviter la transcendance, disons que nous proposons un travail qui s’apparente à une forme de traduction. Pour  réentendre les voix terrestres du vivant et nous relier au monde. Cet ouvrage n’est qu’un cheminement — pas son terminus.  Évidemment l’horizon révèle une fragmentation de perspectives et peut-être l’absence de monde commun. Mais peut-être est-ce aussi l’indication que la saturation des fictions prend parfois la forme de plis de croyance — qui produit la destruction. En déplier le plus possible — travail de friche, travail pédagogique. Relations et affects.» M.

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La lettre œuvre de joie.

(Tous les Adelphes sont invité.es à contribuer à l’écriture de ce texte.)