J’ai trouvé cet écrit intitulé « Nature duelle » à la bibliothèque signé Anonyme (2022) que je pense bien de te partager. À noter que l’on peut ressentir un désespoir presqu’omniprésent sous forme de questionnements. En effet, à cette époque, la production de l’inexistence était maximale. D’ailleurs certain.es étaient convaincu.e.s que la situation des crises sociales et climatiques n’était pas assez désespérée pour justifier quelque révolte, les conséquences n’étant pas assez directes dans la vie des individus des pays riches pour mener à des changements de croyances et de comportements.
L’avenir leur sera bien propre, car nous, nous vivons dans notre réalité.
D’autres mondes ouvrent leurs portes en tous les temps:
«
Nature duelle
Quand est l’espace?
Où est le temps?
À l’infinitif?
Au « finitif »?
Quand l’univers n’est pas réel localement;
Que la connaissance vient avec la communication et le partage;
C’est connu depuis déjà longtemps.
Faut-il avoir un capital social pour qu’on légitime qu’il n’y a pas de transfert d’information sans l’existence de différentes entités? Semble-t-il.
Honte de la condition humaine ou honte prométhéenne?
Technicisation du savoir;
Unidimensionnalité
Certain.es disent qu’une des propriétés de la vie est la complexification.
Si c’est synonyme de hiérarchisations (formelles ou informelles soient-elles),
que cela peut-il signifier?

Comment puis-je étendre mon empathie à ce qui m’est totalement étranger si j’ai de la difficulté à écouter qui parle et qui crie déjà?
Ou plutôt…
Suis-je destiné à projeter la réalité que je m’approprie?
Apparemment que la dépression serait « juste » dans la tête.
Alors dans un environnement optimal, ne pourrais-je pas toujours en être affecté.e?
Devrais-je apprendre à intégrer les déchets dans ma vie?
Si par définition un déchet est indésirable, pourquoi en continuer la production?
L’irrationalité est-elle au même titre qu’un déchet?
La thèse anémique se doit-elle d’être toujours théorisée?
Et si nous complexifions sans finalité(s)?
Est-ce que le but devient de ne pas avoir de but?
Errer jusqu’à l’inexistence ?

Une conscience d’un soi exprimé produit-il intrinsèquement une pensée circulaire – un pléonasme évident – ?
Un exercice ou un cheminement psychologique qui se synthétise ultimement par une acceptation de la mort?
L’auto-réalisation des prophéties est-elle déterminante?
Dans la mesure où c’est purement métaphysique,
le choix est-il un coût de renonciation des possibilités?
« Kosmos » : l’harmonie du chaos
Quand on se libère de la dualité
que reste-il?
La non-dualité?

Suis-je seul.e à avoir la rage d’une vie impossible?
Le désir de transcender n’est pas personnel, créer la collectivité a ses fins;
Comment s’entendre avec celleux qui ne veulent pas s’entendre avec moi?
Comment s’entendre avec celleux avec qui je ne m’entends pas?
Le postulat est simple :
Est-ce possible de s’intéresser à ce qui ne nous intéresse pas?
Paradoxe, discipline, temps?
Est-ce simplement explorer ce qu’on n’aime pas, et pourquoi?
Alors comment apprendre à aimer ce qu’on n’aime pas?
Le fait de se poser la question, c’est avoir un intérêt pour la question,
c’est déjà -d’aimer- à un certain degré.
Ou est-ce l’expression d’une carence identifiée?
Alors, ‘faut y penser
mais pas trop?

Comment tout aimer?
Quelles en-sont les stratégies pour en assurer la continuité?
Le passage par l’extrême et le dogme est-il obligé pour se former?
Ou est-ce un récit éducatif?
– Anonyme
»
Ne serions-nous pas capables de tout aimer? De s’émerveiller de tout? La solution ne résiderait-elle pas dans le désir? Comment penser le désir libéré de la société organisée, du temps, des limites, de la morale, finalement de toutes ces balivernes coercitives? L’idée serait-elle de se laisser porter par cette vague désirante sans tenter d’en saisir la cause? Cette vague qui nous porterait dans un mouvement collectif capable d’écoute et d’intérêt désintéressé qui se traduirait en amour?
Bonnes pluies Encéphaline!
Le désir n’est-il pas destiné à être aliéné socialement?
En 2022, il était largement arrimé aux moyens du marketing et de la publicité,
aux promesses d’une mobilité sociale ascendante érigée par des élites.
« Amour » ne serait-il donc pas synonyme de recadrer un égo infini?
De réflexion sur la projection de nos frustrations?
Ici, les gens s’ennuient aussi.
Apprendre à côtoyer ce qui est indésirable serait aussi gage de tolérance.
Un égo hypertrophié ne crée pas justice à la relation avec les autres.
Comme Platon avance dans Gorgias, ne pourrions nous pas aussi être « esclaves » de nos désirs?
Aujourd’hui, l’idée de désir ne devrait-elle pas concilier l’individu et le social?
Dans un monde où il n’y a plus d’élites, les problèmes de divisions entre les gens qui désirent innover socialement et les personnes qui ne participent pas reste un enjeu.
Comment considérer les intérêts des personnes qui ne délibèrent pas et ne mettent pas leurs préoccupations en commun?
Certes la communauté a des raisons d’exister et nos décisions vont en ce sens.
Cette division, autrefois entre gouvernant.e.s et gouverné.e.s, se trouve maintenant dans la volonté de participation.
L’éducation a l’importance de l’aspect dit politique (pour le nommer) a fait son chemin, c’est 96% des gens qui s’impliquent (au début c’était 100%), notamment parce qu’iels ont le temps, autrement ce 4% qui reste, on ne peut l’obliger à être présent.
Le problème de la tyrannie de la majorité est alors toujours actuel, bien que l’assemblée soit directe consensuelle, une tyrannie de la participation?
Je sais que je peux avoir tendance à intellectualiser,
peut-être qu’en effet, il y a des questions qui doivent se vivre pour être résolues.
Mais alors, notre expérience et mon expérience sera-t-elle uniquement le fruit de délibérations nécessaires et essentielles, et peut-on faire mieux que de se laisser porter par ce qu’il adviendra, même lors d’un futur réfléchi?
L’expérience pourrait être très formatrice oui, ou très polarisante…
Tu as raison, on ne peut intellectualiser l’amour,
mais alors si je n’aime pas comme je le désire,
ne devrais-je pas m’y attarder?