LÉO PALARDY

Quelques limites du pragmatisme

Le pragmatisme tel qu’on l’entend aujourd’hui, enfant du rationalisme, est peut-être avec le libéralisme l’idéologie la plus hégémonique de notre époque. Le pragmatisme, en prétendant faire une lecture froidement rationnelle de la réalité, occulte la pluralité des réalités possibles. Les discours dit «pragmatiques» ont souvent pour caractéristiques de se soumettre à des lieux communs concernant le fonctionnement «naturel» des choses. Ainsi, le pragmatisme relève une composante normative.

Une autre limite du pragmatisme est à trouver dans le danger de la prophétie auto-réalisatrice. En tenant compte d’une «réalité» fondée sur une norme sociale pour jauger ses actions, on risque d’amplifier le phénomène en question ou du moins d’y contribuer. Ainsi, par exemple, l’armement (qu’il soit individuel ou national) est souvent justifié par le pragmatisme. Le fait que l’autre soit armé devient une raison de s’armer en tant qu’individu ou en tant que nation. Se faisant, on vient renforcer la norme sociale de l’armement.

Que faire face à cette impasse? Il convient à mes yeux de faire la promotion d’un idéalisme, qui sans être naïf, ne ferait pas de concession sur ses idéaux pour répondre aux exigences du «pragmatsime».

Premier séminaire : Charles Fourier ou la liberté des passions

Conférence à écouter pour vous préparer à la rencontre du 9 mars :

Charles Fourier, la féérie sociétaire (Michel Onfray)

Extraits à lire :

Pistes de réflexion :

Pour Fourier, les passions sont toutes essentiellement bonnes, c’est un mauvais usage de celles-ci qui est mauvais. Il propose donc de les agencer de manière à maximiser le bonheur des individus et s’oppose catégoriquement à leur répression. Que pensez-vous de cette théorie ?

Plus précisément, que pensez-vous de la théorie du plaisir chez Fourier (le plaisir par les sens et l’esprit, la gastrosophie, etc.) ?

La théorie de Fourier concernant les passions comporte une critique acerbe de la monogamie telle qu’elle est pratiquée en Civilisation, Fourier propose que la maximisation du plaisir individuel et collectif passe par la polygamie. Qu’en pensez-vous ?

La théorie de Fourier se construit en réponse à la révolution industrielle, à cette époque règne une grande confiance quant aux avancées scientifiques et au progrès de l’industrie. L’idéal d’une société des loisirs ne comportant aucun aspect répressif est-il toujours envisageable à l’époque de la crise écologique ?

Sinon, y a-t-il des aspects de la théorie de Fourier qui vous semblent d’actualité aujourd’hui ?

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