{"id":554,"date":"2022-01-21T15:46:52","date_gmt":"2022-01-21T15:46:52","guid":{"rendered":"https:\/\/enjeux-rlaroche.profweb.ca\/?page_id=554"},"modified":"2022-02-13T05:20:19","modified_gmt":"2022-02-13T05:20:19","slug":"theories-philosophiques","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/enjeux-rlaroche.philo-cvm.ca\/?page_id=554","title":{"rendered":"Th\u00e9ories philosophiques"},"content":{"rendered":"\n<p>Ici des r\u00e9f\u00e9rences vers des textes ou des auteur.es pr\u00e9sentant des th\u00e9ories philosophiques susceptibles d\u2019\u00e9clairer le d\u00e9bat.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Pourquoi l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie? Probl\u00e8mes en th\u00e9ories, probl\u00e8mes de soci\u00e9t\u00e9&nbsp;<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Par \u00c9douard Bernier-Thibault<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a pas de choses dont on parle autant et dont on dit des choses si diff\u00e9rentes que la \u201csoci\u00e9t\u00e9\u201d. Elle est si souvent discut\u00e9e, mais si peu d\u00e9finie et toujours marqu\u00e9e par le d\u00e9saccord par rapport \u00e0 elle. L\u2019opposition et les disputes sur se qu&rsquo;elle est, se qui fonctionne ou qui ne fonctionne pas en elle et comment elle devrait \u00eatre, la soci\u00e9t\u00e9 est un objet qui semble si complexe et polymorphe alors qu\u2019il est si intuitif et proche de nous. Nous poss\u00e9dons \u00e0 la fois notre propre point de vue sur celle-ci, construit selon nos exp\u00e9riences d\u2019interactions avec les autres, les institutions, la culture, etc., celui de notre famille, des m\u00e9dias (qui sont de plus en plus divers aujourd\u2019hui), du gouvernement, et j\u2019en passe. Mais que faire de toutes ces propositions, de toutes ces affirmations se proclamant de la v\u00e9rit\u00e9 ou du moins d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 sur ce qu&rsquo;on appelle la soci\u00e9t\u00e9? L\u2019enjeu n\u2019est pas seulement th\u00e9orique, il est avant tout de l\u2019ordre pratique. Il se pose autant au l\u00e9gislateur, au citoyen, au militant, au financier, bref, \u00e0 nous tous, \u00e9tant tous d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre impliqu\u00e9e dans celle-ci et affect\u00e9e par sa dynamique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si les humains sont impliqu\u00e9s si intimement dans ce syst\u00e8me qu\u2019est la soci\u00e9t\u00e9 &#8211; dans le sens que son omnipr\u00e9sence et sa force structurante est d\u00e9terminante pour les choses les plus importantes de notre vie; notre s\u00e9curit\u00e9, notre bonheur, notre libert\u00e9 et notre \u00e9panouissement, entres autres &#8211; il conviendrait d\u2019essayer de la conna\u00eetre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les propositions, arguments et opinions abondent par rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Le probl\u00e8me n\u2019est pas l\u2019absence d\u2019affirmation sur la soci\u00e9t\u00e9, mais justement l\u2019omnipr\u00e9sence de ceux-ci. Sociologues, personnalit\u00e9s publiques, individus de la soci\u00e9t\u00e9 civile et toutes sortes d\u2019autres personnes\/groupes portent un discours sur la soci\u00e9t\u00e9 ou un aspect de celle-ci. La question fondamentale est de savoir qui dit vrai, ou du moins qui est-ce qu\u2019il faudrait croire, \u00e9couter, suivre et\/ou laisser diriger. La question est vieille comme la philosophie elle-m\u00eame, parce qu\u2019elle est fondamentale. Cette question prend une importance capitale quand il est question d\u2019action. Comment se diriger dans quelque chose qu\u2019on ne conna\u00eet pas, et comment d\u00e9cider quoi faire quand autant de personnes pr\u00e9tendent savoir, mais pr\u00e9sentent tous des positions diff\u00e9rentes? Pour aborder ces questions essentielles \u00e0 toutes approches pratiques ou th\u00e9oriques sur la soci\u00e9t\u00e9, nous tombons in\u00e9vitablement dans le champ de l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Qu\u2019est-ce que l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie? D\u00e9finition et objectif. En g\u00e9n\u00e9ral et plus particuli\u00e8rement dans les sciences sociales<\/span><\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9flexion \u00e9pist\u00e9mologique &#8211; dans ce cas-ci, c\u2019est dans le cadre des sciences sociales &#8211;&nbsp;&nbsp;est la premi\u00e8re dans l\u2019ordre de la connaissance, qui consid\u00e8re son comment et son pourquoi. Elle ne cherche pas \u00e0 cr\u00e9er de nouvelles propositions ou \u00e0 produire des \u00e9nonc\u00e9es, mais \u00e0 pouvoir critiquer &#8211; dans le sens de \u201cpasser \u00e0 l\u2019examen, \u00e0 l\u2019\u00e9preuve\u201d &#8211;&nbsp; les diff\u00e9rentes formes de discours port\u00e9es sur la r\u00e9alit\u00e9 ainsi que de savoir comment conna\u00eetre celle-ci. Bref: \u201csavoir comment et pourquoi savoir\u201d. Elle est premi\u00e8re dans toute qu\u00eate de connaissance puisqu\u2019elle se pose justement sur le statut, la possibilit\u00e9 et la nature de ce qu&rsquo;est la connaissance, la v\u00e9rit\u00e9 et tous ses concepts d\u00e9riv\u00e9s (objectivit\u00e9, subjectivit\u00e9, point de vue, etc.)<\/p>\n\n\n\n<p>Dans mon sens, l\u2019activit\u00e9 et la t\u00e2che de l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie se d\u00e9cline en trois: 1) L\u2019analyse et la critique de ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 comme un savoir ou une v\u00e9rit\u00e9. Cette t\u00e2che de l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie est de mettre en question et interroger ce qu&rsquo;une personne, un groupe, un gouvernement ou quiconque pr\u00e9sente comme une connaissance ou un savoir, ainsi que leurs raisons pour affirmer cela. Elle est autant th\u00e9orique, en \u00e9tudiant les affirmations des universitaires et experts, que pratique, sous la forme d\u2019autod\u00e9fense intellectuelle pour adopter un point de vue avertie et r\u00e9fl\u00e9chie sur ce que quiconque nous dit, on nous demande ou on nous exige dans la vie en soci\u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame. 2) Une r\u00e9flexion sur la nature, les possibilit\u00e9s\/l\u00e9gitimit\u00e9s et les raisons de la connaissance. Ceci est la partie plus sp\u00e9cifiquement th\u00e9orique, puisqu\u2019elle demande une consid\u00e9ration sur les possibilit\u00e9s, la nature (type et \u00e9tendue) et les implications de la connaissance, en commen\u00e7ant de savoir si une connaissance (entendue comme \u201cv\u00e9rit\u00e9\u201d) est elle-m\u00eame possible. Ici, on rentre dans le champ de l&rsquo;ontologie, de la m\u00e9taphysique et de la  philosophie des sciences (en plus de l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie \u00e9videmment) 3) Finalement, une r\u00e9flexion sur le rapport entre la connaissance et la pratique. Dans le cadre des sciences sociales, je consid\u00e8re que l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie, autant qu\u2019elle porte sur ce qu&rsquo;est la connaissance, elle doit aussi consid\u00e9rer le pourquoi de la connaissance, les raisons de celle-ci et ainsi les implications que celle-ci \u00e0 pour l\u2019action dans la soci\u00e9t\u00e9. Entre autres, elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la raison de faire des sciences sociales (ou de chercher \u00e0 conna\u00eetre la soci\u00e9t\u00e9 plus g\u00e9n\u00e9ralement), \u00e0 l\u2019agenda ou les priorit\u00e9s dans la recherche de connaissance, et plusieurs autres aspects qui ont rapport \u00e0 l\u2019usage et l\u2019utilit\u00e9 de la connaissance dans la soci\u00e9t\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Ce texte est un peu une introduction que j&rsquo;ai formul\u00e9e pour pr\u00e9senter quel \u00e9tait mon angle de r\u00e9flexion particulier par rapport \u00e0 la question. Je voulais exprimer pourquoi je crois que l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie est un domaine extr\u00eamement important \u00e0 consid\u00e9rer pour notre th\u00e9matique, puisqu&rsquo;on consid\u00e8re des discours diff\u00e9rent qui pr\u00e9tendent \u00e0 la connaissance du r\u00e9el, ou d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9. Tout cela est aussi \u00e9videmment intimement relier \u00e0 la politique comme j&rsquo;esp\u00e8re que j&rsquo;ai put le montrer. Dans mes prochains textes et mes prochaines r\u00e9flexions, j&rsquo;essaierai de suivre cette tendance \u00e0 travers diff\u00e9rents penseurs qui peuvent nous aider \u00e0 penser la question du discours au sein et \u00e0 propos de la soci\u00e9t\u00e9 ou d&rsquo;une condition sociale. Je planifie me pencher sur Platon, dans sa r\u00e9flexion critique sur la d\u00e9mocratie et ses consid\u00e9rations sur la place de la philosophie dans la cit\u00e9. Je veux aussi m&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 d&rsquo;autres auteurs qui traite de ces questions, mais je ne sais pas encore trop o\u00f9 je vais me diriger plus pr\u00e9cis\u00e9ment. N&rsquo;h\u00e9sitez pas si vous avez des propositions! <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Les diff\u00e9rentes \u201cgauches\u201d: L\u2019opposition entre Max Stirner et Karl Marx<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>par \u00c9douard Bernier-Thibault<\/p>\n\n\n\n<p>Il semble parfois que ce qu&rsquo;on appelle la \u201cgauche\u201d&nbsp; repr\u00e9sente des id\u00e9es et des positions qui peuvent \u00eatre tellement vagues, tellement diff\u00e9rentes et parfois m\u00eame contradictoires. Dans le fond, peut-\u00eatre que comme le fameux terme \u201cwoke\u201d, tout le monde l\u2019utilise en se r\u00e9clamant de celui-ci ou en le raillant, mais peu saurait le d\u00e9finir clairement. La r\u00e9alit\u00e9 est que je crois qu\u2019un tel terme ne peut pas \u00eatre fix\u00e9 d\u00e9finitivement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, on peut essayer de faire des \u00e9claircissements sur les multiples dimensions et connotations que la \u201cgauche\u201d a pris ou qu\u2019elle prend. Cet exercice est non seulement pertinent pour conna\u00eetre les fondements de nos valeurs et id\u00e9aux, mais aussi pour nous permettre de mieux comprendre les conflits au sein m\u00eame de nos mouvements et de nos luttes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le paysage militant et intellectuel contemporain de la gauche, je vois un parall\u00e8le int\u00e9ressant avec une vieille opposition au sein des progressistes qui remonte \u00e0 l\u2019allemagne du 19e si\u00e8cle entre Max Stirner, repr\u00e9sentant de l\u2019anarchisme individualiste, et de Karl Marx, repr\u00e9sentant du communisme et du socialisme scientifique. Dans leurs oppositions, on voit une tension qui peut se rapprocher sur certains points \u00e0 celles que nous pouvons observer aujourd\u2019hui, ici et ailleurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce texte je veux donc commencer par pr\u00e9senter les positions r\u00e9ciproques de Stirner et de Marx. Je ne les exposerai pas en d\u00e9tail et j\u2019insisterai plus sur les points de tension entre les deux. En conclusion j\u2019essaierai d\u2019\u00e9noncer bri\u00e8vement les liens que cet enjeux \u201cth\u00e9orique\u201d entretient avec la r\u00e9alit\u00e9 et la th\u00e9orie critique du pr\u00e9sent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Max Stirner<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Max Stirner (1806-1856) \u00e9tait un auteur allemand. M\u00eame s&rsquo; il est moins connu, son influence et ses id\u00e9es provocatrices ont quand m\u00eame eu une influence importante sur son milieu. Il fait partie du groupe des \u201cjeunes h\u00e9g\u00e9liens\u201d, un rassemblement de professeurs, \u00e9tudiants et intellectuels qui utilise la philosophie ou des aspects de la philosophie de G.W.F. Hegel (1770-1831) pour critiquer la religion ainsi que le conservatisme politique, pour lui donner un caract\u00e8re lib\u00e9rateur et r\u00e9volutionnaire. Stirner fait partie de ce mouvement et il y contribue principalement en \u00e9crivant un livre: <em>L\u2019Unique et sa propri\u00e9t\u00e9<\/em> (1844). Cet ouvrage attire une certaine attention au sein des intellectuels de l\u2019\u00e9poque (sans \u00eatre un succ\u00e8s populaire).&nbsp; Dans un sens, le livre pourrait \u00eatre vu comme une radicalisation des tendances intellectuelles et de l&rsquo;interpr\u00e9tation \u201cgauchiste\u201d de Hegel qui se faisait d\u00e9j\u00e0. Le livre est tr\u00e8s fort dans ses affirmations et sa critique de la religion, de Hegel et m\u00eame de plusieurs des Jeunes H\u00e9g\u00e9liens. Son auteur propose une nouvelle philosophie et une nouvelle critique radicale de la soci\u00e9t\u00e9 moderne occidentale, appelant \u00e0 une r\u00e9volution. C\u2019est un livre assez original puisqu\u2019il d\u00e9veloppe un discours qui se distingue de tout ce qui se faisait \u00e0 l\u2019\u00e9poque (se dissociant autant de la gauche socialiste, du lib\u00e9ralisme et du conservatisme). Certains consid\u00e8rent qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 une inspiration de Nietzsche. Marx sera marqu\u00e9e par celui-ci, m\u00eame s&rsquo; il est fortement critique de sa \u201cphilosophie\u201d.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Sa philosophie<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Se que Stirner veut lib\u00e9rer, c\u2019est le Moi, l\u2019humain en chair et en os, le corps (qui est-ce que nous sommes fondamentalement). Le Moi est impensable. C\u2019est la cr\u00e9ation, la force, le vouloir-vivre, le d\u00e9sir, bref, la force myst\u00e9rieuse et insaisissable du corps. D\u00e8s qu\u2019on se met \u00e0 penser au \u201cmoi\u201d, on le perd, on se distancie de lui; on est le plus proche du Moi dans l\u2019euphorie, dans le d\u00e9sir, dans l\u2019exp\u00e9rience de son corps et dans la cr\u00e9ativit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Stirner veut montrer ce Moi, qui est la seule chose r\u00e9elle et concr\u00e8te, pour l\u2019opposer et le lib\u00e9rer de toutes les \u201cid\u00e9es-fant\u00f4mes\u201d que les pr\u00eatres, les politiciens, les philosophes (eh oui!) et tous les pr\u00e9tendants du savoir ou du pouvoir produisent et auxquels on le rapporte, on le contraint, on l\u2019oblige. Ce qui nous emprisonne et nous d\u00e9poss\u00e8de de nous-m\u00eames (nous <em>ali\u00e9nise<\/em>) sont avant tout les id\u00e9es; nos id\u00e9es ou les id\u00e9es des autres qui nous sont impos\u00e9es. Stirner refuse toute soumission, tout sacrifice et tout respect pour les id\u00e9aux, les essences, les cat\u00e9gorisations qui viennent obstruer sa propre individualit\u00e9,&nbsp; son d\u00e9sir, son corps.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cIl refuse de p\u00e2tir de quoi que ce soit et de qui que ce soit, de \u201csacrifier\u201d l\u2019individu \u00e0 l\u2019id\u00e9e, le concret \u00e0 l\u2019abstrait, le pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019avenir.\u201d (<em>La Philosophie de Kant \u00e0 Husserl, <\/em>Fran\u00e7ois Ch\u00e2telet. p.141)<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui veulent contr\u00f4ler, ma\u00eetriser, ordonner, immobiliser vont contre la vie, contre les corps et tentent d&rsquo;ass\u00e9cher la force vitale du Moi, d\u2019immobiliser son mouvement, de rendre docile ce qui est sauvage. Peu importe par quelles id\u00e9es il se pr\u00e9vale, que ce soit celle de Dieu, de l\u2019\u00c9tat, de la Raison, de la Nation, de la Nature, des Droits humains ou de quelconques autres abstractions, au fond ils sont tous prit par la m\u00eame folie, celle de la croyance et de la soumission \u00e0 la croyance, qui m\u00e8ne in\u00e9vitablement \u00e0 la volont\u00e9 de soumettre les autres \u00e0 leurs propres croyances.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tous ces fant\u00f4mes, toutes ces id\u00e9es creuses que les humains produisent et auxquels ils se soumettent et tentent de soumettre les autres ne sont pas l\u00e0 par hasard. Le pr\u00eatre, le juge, le patron, l\u2019annonceur radio, le parent; tous veillent \u00e0 maintenir l\u2019ordre, \u00e0 ma\u00eetriser la puissance, le d\u00e9sir et la cr\u00e9ativit\u00e9 des individus pour les faire ob\u00e9ir aux r\u00e8gles, respecter les normes et \u00e0 rester soumis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le Moi doit se lib\u00e9rer de ces fant\u00f4mes, de ces abstractions qui le commandent, le d\u00e9terminent, l&rsquo;asservissent de l\u2019int\u00e9rieur et s&rsquo;affirmer comme Unique, comme Impensable, comme Irr\u00e9ductible, comme Ego pure.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette lib\u00e9ration est personnelle, c\u2019est une lib\u00e9ration de soi par soi, pour soi-m\u00eame en tant que rien d\u2019autre qu\u2019une existence unique et indescriptible, un \u201cMoi\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d\u00e9coule de cette lib\u00e9ration int\u00e9rieure. Quand le Moi se lib\u00e8re de ses id\u00e9es qui le gardent en cages, son d\u00e9sir inondera le monde et d\u00e9truira les supports mat\u00e9riels et les structures sociales, politiques et \u00e9conomiques du monde. La lib\u00e9ration de la conscience, en la lib\u00e9rant des id\u00e9es abstraites, pr\u00e9c\u00e8de et engendre in\u00e9vitablement la lib\u00e9ration mat\u00e9rielle. La r\u00e9volution de Stirner n\u2019est pas une r\u00e9volution planifi\u00e9e, organis\u00e9e, th\u00e9oris\u00e9e, sociale comme celle de Marx, elle est une r\u00e9volution des individus, des d\u00e9sirs qui se lib\u00e8rent de la morale, de la religion, de la restriction et qui se laissent \u201c\u00eatre\u201d pleinemen\u00adt.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Karl Marx<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai pris le temps de pr\u00e9senter Stirner, puisqu\u2019il n\u2019est pas tr\u00e8s connu, mais je crois que cela est moins n\u00e9cessaire pour Karl Marx (1818-1883). \u00c9tant lui aussi un membre important du groupe des Jeunes-H\u00e9g\u00e9liens, il a lui aussi d\u00e9velopp\u00e9 une pens\u00e9e radicale et r\u00e9volutionnaire avec l\u2019influence de Hegel (entre autres). Toutefois, mise \u00e0 part cette similitude avec Stirner, celui-ci s\u2019oppose \u00e0 lui sur plusieurs points importants, comme on va le voir.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019inverse de Stirner, Marx est devenu extr\u00eamement populaire et ses id\u00e9es se sont propag\u00e9es partout dans le monde. La place et l\u2019influence de Marx sur la gauche moderne est sans pr\u00e9c\u00e9dent. Son \u0153uvre et ses id\u00e9es ont fa\u00e7onn\u00e9 le cours de l\u2019histoire et il continue \u00e0 \u00eatre influent aujourd\u2019hui dans notre mani\u00e8re de penser l\u2019histoire, la soci\u00e9t\u00e9 ainsi que le militantisme.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Sa pens\u00e9e<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Marx veut lib\u00e9rer l\u2019Humanit\u00e9 avec un grand H. Il c\u00e9l\u00e8bre la R\u00e9volution Fran\u00e7aise et les id\u00e9aux lib\u00e9raux dans sa jeunesse. Si il devient critique envers celle-ci, c\u2019est tout simplement parce qu\u2019il pense qu\u2019elle n\u2019a pas r\u00e9ellement accompli ce qu\u2019elle promettait: libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9. Marx voudra amener \u00e0 bout ce qu\u2019avait promis la R\u00e9volution Fran\u00e7aise, il veut d\u00e9finitivement \u00e9manciper l\u2019humain de la noirceur, de la superstition et de l&rsquo;oppression pour \u00eatre en harmonie avec soi-m\u00eame et pour se d\u00e9velopper librement. Ferme croyant de l\u2019existence d\u2019un progr\u00e8s objectif dans l\u2019histoire, Il \u0153uvrera toute sa vie pour faire advenir ce qu&rsquo;il croyait n\u00e9cessaire; la soci\u00e9t\u00e9 sans classe et sans exploitation, celle o\u00f9 les humains sont libres, vive de mani\u00e8re \u00e9clair\u00e9e et exerce leurs puissances\/satisfont leurs besoins sans s\u2019autod\u00e9truire.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la R\u00e9volution Fran\u00e7aise \u00e0 lib\u00e9r\u00e9e ou souhait\u00e9e lib\u00e9rer l\u2019humain de ses cha\u00eenes politiques, du moins en th\u00e9orie (les pauvres\/sans-propri\u00e9t\u00e9 et les femmes n\u2019ont pas le droit de vote avant la seconde moiti\u00e9e du XIX\u00e8me si\u00e8cle dans la plupart des pays europ\u00e9ens), il ne la lib\u00e8re pas de ses cha\u00eenes \u00e9conomiques, qui sont en fait les plus fondamentales.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le capitalisme, ses cha\u00eenes \u00e9conomiques sont les rapports de productions dans lesquels les prol\u00e9taires (individus ne poss\u00e9dant pas de moyens de productions ou du capital) doivent vendre leurs forces de travail (puisque c\u2019est la seule chose qu\u2019ils poss\u00e8dent) \u00e0 un bourgeois qui les exploitent, dans la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019obtenir un salaire afin de s\u2019acheter de quoi manger, boire, se loger, et vivre. Ainsi, dans le capitalisme la majorit\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 (les prol\u00e9taires) doivent se soumettre \u00e0 l\u2019exploitation pour (sur)vivre. Les prol\u00e9taires sont pris dans le syst\u00e8me capitaliste. Les rapports de productions dans lesquels ils sont engag\u00e9s vont contre leurs int\u00e9r\u00eats, leurs libert\u00e9s et m\u00eame, en fin de compte, leurs vies. Bien qu\u2019ils soient libres et \u00e9gaux dans le droit, leurs conditions d&rsquo;existence et leurs positions dans la soci\u00e9t\u00e9 les soumet \u00e0 l\u2019exploitation et \u00e0 la mis\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cQuelle libert\u00e9 a le prol\u00e9tariat qui n\u2019obtiendra le droit de vote que dans la seconde moiti\u00e9 du XIX\u00e8me si\u00e8cle, qui n\u2019a pratiquement pas droit \u00e0 une instruction \u00e9l\u00e9mentaire, qui a la libert\u00e9 de vendre sa force de travail \u00e0 qui veut l\u2019acheter mais qui n\u2019a pas la libert\u00e9 de ne pas la vendre sous peine de crever de faim, qui a la libert\u00e9 de travailler pour mieux accro\u00eetre la puissance de ses exploiteurs, qui ne peut transmettre \u00e0 ses enfants que cet avenir sans horizon?\u201d&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(<em>Les grands penseurs du monde occidental<\/em>, Jean-Marc Piotte (p.463)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Les int\u00e9r\u00eats des prol\u00e9taires sont fondamentalement contradictoires \u00e0 ceux de la bourgeoisie, la soci\u00e9t\u00e9 est divis\u00e9e entre ses deux classes en opposition.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La seule voie de la lib\u00e9ration d\u00e9finitive du prol\u00e9tariat est la r\u00e9volution sociale. Il faut que ceux-ci s\u2019unisse, se r\u00e9approprie les moyens de production et prennent possession de l\u2019\u00c9tat pour faire advenir la soci\u00e9t\u00e9 communiste. Bref, changer compl\u00e8tement l\u2019organisation de la soci\u00e9t\u00e9 et les rapports de productions pour se lib\u00e9rer, pour arr\u00eater d\u2019\u00eatre soumis \u00e0 la demande de travail sur le march\u00e9 de la main d\u2019oeuvre, aux int\u00e9r\u00eats\/imp\u00e9ratifs du capital, aux contr\u00f4les et \u00e0 la r\u00e9pression de l\u2019\u00c9tat, et \u00e0 la propagande id\u00e9ologique produite par la classe dominante et ses alli\u00e9s strat\u00e9giques pour justifier le statu quo.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La lib\u00e9ration de l\u2019humain, et la r\u00e9volution que cela n\u00e9cessite, est \u00e0 faire dans le monde avant tout, dans les domaines et structures de l\u2019\u00e9conomie ainsi que de la politique (surtout). La pens\u00e9e est secondaire \u00e0 celui-ci, et surtout, elle est compl\u00e8tement d\u00e9termin\u00e9e par lui.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont les conditions d\u2019existences ainsi que les activit\u00e9s mat\u00e9rielles des humains (avec la nature et entre eux) qui d\u00e9terminent leurs pens\u00e9es, leurs id\u00e9es ainsi que leurs cultures. Il est absurde et contraire \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des choses de consid\u00e9rer une id\u00e9e ou une culture en la d\u00e9tachant de la r\u00e9alit\u00e9 des humains qui ont celle-ci, puisque c\u2019est leurs r\u00e9alit\u00e9s qui les a amen\u00e9es \u00e0 avoir ces id\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u201con ne part pas de ce que les hommes disent, s&rsquo;imaginent, se repr\u00e9sentent, ni non plus de ce qu&rsquo;ils sont dans les paroles, la pens\u00e9e, l&rsquo;imagination et la repr\u00e9sentation d&rsquo;autrui, pour aboutir ensuite aux hommes en chair et en os; non, on part des hommes dans leur activit\u00e9 r\u00e9elle, c&rsquo;est \u00e0 partir de leur processus de vie r\u00e9el que l&rsquo;on repr\u00e9sente aussi le d\u00e9veloppement des reflets et des \u00e9chos id\u00e9ologiques de ce processus vital\u201d (&#8230;) \u201c<em>Ce n&rsquo;est pas la conscience qui d\u00e9termine la vie, mais la vie qui d\u00e9termine la conscience.<\/em>\u201d&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(Karl Marx et Friedrich Engels, <em>L\u2019id\u00e9ologie allemande<\/em>. p.17. <a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/Engels_Marx\/ideologie_allemande\/ideologie_allemande.html\">http:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/Engels_Marx\/ideologie_allemande\/ideologie_allemande.html<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Il est donc vrai de dire que les humains sont pris dans des repr\u00e9sentations et des id\u00e9es qui les trompent sur la r\u00e9alit\u00e9 ou leurs situations. Mais la lib\u00e9ration n\u2019est pas de se lib\u00e9rer de ses id\u00e9es, c\u2019est de se lib\u00e9rer du monde duquel proviennent ces id\u00e9es. L\u2019id\u00e9ologie doit \u00eatre remplac\u00e9e par la science, la connaissance objective de la r\u00e9alit\u00e9 sociale ainsi que de sa position de classe, que pr\u00e9tend offrir le marxisme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La prise de conscience du prol\u00e9tariat de sa situation est le d\u00e9but de sa lib\u00e9ration, puisqu\u2019il voit maintenant de mani\u00e8re claire qui sont leurs opposants, et comment les vaincre. En se d\u00e9faisant de l\u2019id\u00e9ologie, le prol\u00e9tariat ne se d\u00e9fait pas de ses cha\u00eenes; il les aper\u00e7oit finalement de mani\u00e8re claire, dans leurs rapports sociaux et leurs conditions mat\u00e9rielles d\u2019existences. En comprenant sa situation, en comprenant le fonctionnement de l\u2019histoire ainsi que de la soci\u00e9t\u00e9 de mani\u00e8re purement scientifique (sans id\u00e9ologie, morale, etc.), la route vers la libert\u00e9 et les obstacles qui se dressent devant lui sont clairs, et le prol\u00e9tariat s\u2019engage alors de mani\u00e8re consciente dans la vraie lutte qui se d\u00e9roulait tout ce temps, la lutte des classes, assurant ainsi n\u00e9cessairement sa victoire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>***<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 donc pr\u00e9senter les auteurs dans leurs plus grandes g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s. Je ne pr\u00e9tends pas les conna\u00eetre en profondeur, et j\u2019ai fait un choix volontaire dans ma pr\u00e9sentation pour traiter des aspects qui me semblaient les plus pertinents pour les intentions de ce texte.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas explicitement \u00e9nonc\u00e9 quel \u00e9tait l\u2019enjeux de leurs oppositions et surtout, la mani\u00e8re dont cet enjeux est encore contemporains. Peut-\u00eatre que certains l\u2019auront d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9e en lisant, mais je crois qu\u2019il est n\u00e9cessaire de le dire plus explicitement<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019enjeux de l\u2019opposition original entre Stirner et Marx<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Karl Marx a beaucoup \u00e9crit sur sa position par rapport aux id\u00e9es de son temps, particuli\u00e8rement aux formes de pens\u00e9es critiques qui \u00e9taient populaires \u00e0 l\u2019\u00e9poque. <em>La Sainte Famille <\/em>(1845), <em>Mis\u00e8re de la philosophie <\/em>(1847), <em>L\u2019id\u00e9ologie Allemande <\/em>(1867, cit\u00e9e plus haut) sont toutes des \u0153uvres o\u00f9 ils critiquent les auteurs de son \u00e9poque et d\u00e9veloppent peu \u00e0 peu ses propres id\u00e9es. Nous avons donc un aper\u00e7u tr\u00e8s clair de la critique de Stirner par Marx, mais moins de l\u2019inverse.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour commencer il faut dire que Stirner et Marx sont quand m\u00eame d\u2019accord sur certains points. Tous les deux ont un m\u00e9pris pour la soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale capitaliste qui est en train de se former \u00e0 leurs \u00e9poques. Ils sont tr\u00e8s influenc\u00e9s par la philosophie de Hegel, qu\u2019il r\u00e9interpr\u00e8te et critique chacun \u00e0 leur mani\u00e8re pour en faire une philosophie r\u00e9volutionnaire. Les deux cherchent un m\u00eame but; la lib\u00e9ration de l\u2019\u00eatre humain (m\u00eame s&rsquo; il diff\u00e8re totalement sur la conception de la libert\u00e9). Ils consid\u00e8rent que ce but n\u2019est atteignable que par une r\u00e9volution du monde tel qu\u2019il est.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Voyons donc ce qui les oppose. Ce passage de l\u2019Id\u00e9ologie Allemande expose bien la pens\u00e9e de Marx envers Stirner et les jeunes h\u00e9g\u00e9liens:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c<em>Chez les jeunes-h\u00e9g\u00e9liens, les repr\u00e9sentations, id\u00e9es, concepts, en un mot les produits de la conscience, qu&rsquo;ils ont eux-m\u00eames promue \u00e0 l&rsquo;autonomie, passent pour les cha\u00eenes r\u00e9elles des hommes<\/em> (&#8230;) \u201c Il va donc de soi que les jeunes-h\u00e9g\u00e9liens doivent lutter uniquement contre ces illusions de la conscience. Comme, dans leur imagination, les rapports des hommes, tous leurs faits et gestes, leurs cha\u00eenes et leurs limites sont des produits de leur conscience, <em>les jeunes-h\u00e9g\u00e9liens, logiques avec eux-m\u00eames, proposent aux hommes ce postulat moral: troquer leur conscience actuelle contre la conscience humaine, critique ou \u00e9go\u00efste, et ce faisant, abolir leurs limites.<\/em>\u201d (&#8230;) \u201c<em>En d\u00e9pit de leurs phrases pompeuses, qui soi-disant \u00abbouleversent le monde\u00bb les id\u00e9ologues de l&rsquo;\u00e9cole jeune-h\u00e9g\u00e9lienne sont les plus grands conservateurs.<\/em> Les plus jeunes d&rsquo;entre eux ont trouv\u00e9 l&rsquo;expression exacte pour qualifier leur activit\u00e9, lorsqu&rsquo;ils affirment qu&rsquo;ils luttent uniquement contre une \u00abphras\u00e9ologie\u00bb. Ils oublient seulement qu&rsquo;eux-m\u00eames n&rsquo;opposent rien qu&rsquo;une phras\u00e9ologie \u00e0 cette phras\u00e9ologie et qu&rsquo;<em>ils ne luttent pas le moins du monde contre le monde qui existe r\u00e9ellement, en se battant uniquement contre la phras\u00e9ologie de ce monde.<\/em>\u201d <\/p>\n\n\n\n<p>(Karl Marx et Friedrich Engels, <em>L\u2019id\u00e9ologie allemande<\/em>. p.12 <a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/Engels_Marx\/ideologie_allemande\/ideologie_allemande.html\">http:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/Engels_Marx\/ideologie_allemande\/ideologie_allemande.html<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Marx critique Stirner et les jeunes h\u00e9g\u00e9liens d\u2019\u00eatre des id\u00e9alistes (pour Marx, c\u2019est l\u2019insulte la plus violente!), qui croient que le secret, la v\u00e9rit\u00e9 ou le fondement de la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle sont les id\u00e9es (que celle-ci est d\u00e9termin\u00e9e par ceux-ci), et qu\u2019en troquant une conscience du monde qui soit \u201cfausse\u201d ils vont \u00eatre libres. Marx croit que cela est absurde, et c\u2019est pour cela qu\u2019il affirme que les jeunes h\u00e9g\u00e9liens, en se croyant tr\u00e8s r\u00e9volutionnaire, sont en fait \u201cles plus grands conservateurs\u201d. Ils ne se combattent pas contre le monde r\u00e9el, les institutions, les rapports sociaux, etc. qui conditionnent et d\u00e9terminent les humains, mais contre \u201cl\u2019interpr\u00e9tation\u201d ou la \u201cphras\u00e9ologie\u201d de ce monde. Marx consid\u00e8re que cela n\u2019est pas d\u2019un grand usage en soi. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est plut\u00f4t inoffensif. Bref, comme il le dit au d\u00e9but de l\u2019id\u00e9ologie allemande, pour lui les jeunes h\u00e9g\u00e9liens sont des \u201cmoutons qui se prennent et qu\u2019on prend pour des loups\u201d.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Marx critique la pr\u00e9dominance apport\u00e9es aux id\u00e9es dans la compr\u00e9hension et dans le chemin vers la lib\u00e9ration humaine. Pour Marx, cela est une illusion compl\u00e8te, ce n\u2019est pas la conscience qui d\u00e9termine la vie, et ce n&rsquo;est pas par la seule conscience qu\u2019on se lib\u00e8re; il faut se lib\u00e9rer dans la vie, dans le monde, dans la soci\u00e9t\u00e9 concr\u00e8te des syst\u00e8mes et structures d\u2019exploitation, de domination et d&rsquo;oppression (pour Marx; le capitalisme).<\/p>\n\n\n\n<p>Marx consid\u00e8re que l\u2019humain r\u00e9el n\u2019est pas domin\u00e9 avant tout par des id\u00e9es, mais par des r\u00e9alit\u00e9s; des conditions d\u2019existences et rapports sociaux d\u2019obligations et de n\u00e9cessit\u00e9s. En fait, l\u2019humain ne peut pas se lib\u00e9rer des id\u00e9es qui lui proviennent du monde en ne changeant pas ce monde. En remontant \u00e0 la source de l\u2019id\u00e9ologie, en voyant qu\u2019elle provient et est produite pour maintenir l\u2019ordre social et servir aux int\u00e9r\u00eats du pouvoir \u00e9conomique et politique, l\u2019individu se lib\u00e8re de l\u2019id\u00e9ologie, mais il la remplace par la science, la connaissance objective de la r\u00e9alit\u00e9. Marx dirait \u00e0 Stirner qu\u2019il est all\u00e9 trop loin dans le refus total des id\u00e9es. Pour lui, comme pour des penseurs d\u00e9terministes et mat\u00e9rialistes comme Spinoza, il faut se lib\u00e9rer de certaines id\u00e9es qui nous asservissent et qui ne font que susciter des \u201cpassions tristes\u201d comme la religion et la morale, mais on se lib\u00e8re de celles-ci parce qu\u2019on comprend qu&rsquo;elles sont fausses ou qu\u2019il ne nous aide pas \u00e0 agir. La science (la connaissance des causes) nous donne la capacit\u00e9 de comprendre la nature et la soci\u00e9t\u00e9 (pour Marx, c\u2019est la science \u00e9conomique avant tout qui permet la connaissance de la soci\u00e9t\u00e9). Elle nous donne les cl\u00e9s de l\u2019action consciente dans celle-ci pour atteindre nos fins. Avec la connaissance de sa situation sociale, \u00e9conomique, politique et historique, le prol\u00e9tariat est capable d\u2019interpr\u00e9ter le monde correctement et surtout, d\u2019agir pour se lib\u00e9rer des structures du monde r\u00e9el, pour en former de nouvelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais voyons plus du c\u00f4t\u00e9 de Stirner, ce qu&rsquo;il nous dit ou nous dirait face \u00e0 cette critique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on le sait, Stirner consid\u00e8re que le Moi est d\u00e9termin\u00e9e et limit\u00e9e parce qu\u2019il croit certaines choses, parce qu\u2019il se laisse contr\u00f4ler et dominer par des id\u00e9es, et que ce qu&rsquo;il faudrait pour qu\u2019il se lib\u00e8re est avant tout de de se rebeller contre ses id\u00e9es (<em>toutes <\/em>ses id\u00e9es), en affirmant seul son Moi, son ego pure. Il rejette toutes id\u00e9es, peu importe leur contenu ou leurs pr\u00e9tentions, parce qu&rsquo;elles sont in\u00e9vitablement des produits d\u2019une certaine interpr\u00e9tation subjective du r\u00e9el, qui enferme notre potentiel, notre cr\u00e9ativit\u00e9 et notre d\u00e9sir. Contre Marx qui dirait que Stirner n\u2019a que critiqu\u00e9 la phras\u00e9ologie (l\u2019ensemble des discours, des id\u00e9es, des valeurs, etc.) du monde pour le remplacer par une autre interpr\u00e9tation, une autre sp\u00e9culation philosophique, Stirner affirme justement ne pas la remplacer par rien. Stirner n\u2019attaque pas seulement le contenu des id\u00e9es, mais les id\u00e9es en g\u00e9n\u00e9rales en tant qu\u2019ils s\u2019opposent, peu importe leurs natures ou intentions, au Moi. Stirner ne propose pas une philosophie, il propose la mort de la philosophie, la mort des id\u00e9es et des abstractions pour restituer au Moi sa pleine force et son plein pouvoir incompr\u00e9hensible mais jouissif dans la r\u00e9alit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mais Je ne suis Moi ni le champion d\u2019une id\u00e9e, ni celui de la pens\u00e9e ; car Moi, dont Je pars, Je ne suis pas plus une pens\u00e9e que Je ne Me r\u00e9sume dans l\u2019acte de penser ; <em>l\u2019empire des id\u00e9es, de la pens\u00e9e et de l\u2019esprit se brisent en morceaux contre Moi, l\u2019inexprimable<\/em>. \u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(Max Stirner, <em>L\u2019Unique et sa Propri\u00e9t\u00e9<\/em>, p. 203)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Celui qui dit conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9 sur nous, sur notre devoir, sur notre r\u00f4le est un oppresseur, volontairement ou involontairement, et il faut le rejeter, en n\u2019\u00e9coutant que sa propre voix, ses propres sentiments, son propre corps, car c\u2019est la seule chose qui est vraie. Marx dit \u00eatre sorti de la \u201cphras\u00e9ologie\u201d, de l\u2019id\u00e9ologie, ou de l\u2019interpr\u00e9tation du monde, mais en r\u00e9alit\u00e9 il est pris lui aussi dans ses propres fabulations, dans ses propres fictions et ses propres id\u00e9es. Si Marx appelle Stirner \u201csaint Max\u201d (pour se moquer de lui), l\u2019auteur de l\u2019Unique et sa Propri\u00e9t\u00e9 dirait la m\u00eame chose de lui; en pensant atteindre la r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te, la v\u00e9rit\u00e9 objective de la soci\u00e9t\u00e9 et de l\u2019histoire il n\u2019est pas seulement pris dans des interpr\u00e9tations mais il est convaincu de la v\u00e9racit\u00e9 absolue de cette interpr\u00e9tation subjective. Marx n\u2019est pas seulement un croyant, c\u2019est un pr\u00eatre, qui cherche \u00e0 faire croire aux autres, \u00e0 faire conformer tous les Moi \u00e0 une m\u00eame interpr\u00e9tation. Le travailleur doit se d\u00e9faire de son individualit\u00e9 pour se soumettre aux int\u00e9r\u00eats et aux devoirs de la \u201cClasse\u201d.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Stirner critique aussi le communisme qui est propos\u00e9 par Marx, affirmant qu\u2019elle n\u2019est pas bien mieux que la soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale capitaliste (qu\u2019il d\u00e9daigne aussi). Elle nie aussi la cr\u00e9ativit\u00e9 et l\u2019individualit\u00e9 impensable des Moi, elle cherche \u00e0 tout soumettre \u00e0 une m\u00eame logique, \u00e0 un m\u00eame ordre, \u00e0 de m\u00eames id\u00e9es. Le culte de l\u2019argent est remplac\u00e9 par le culte du travail, le culte de la libert\u00e9 est remplac\u00e9 par le culte de l\u2019\u00e9galit\u00e9, le culte d\u2019une id\u00e9e est remplac\u00e9 par le culte d\u2019une autre\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cJadis esclave d\u2019une classe, le travailleur qui a h\u00e9rit\u00e9 des marottes (terme utilis\u00e9e par Stirner, synonyme de id\u00e9e) de celle-ci, se trouve \u00e0 pr\u00e9sent l\u2019esclave d\u2019un fant\u00f4me, la Soci\u00e9t\u00e9, tout aussi oppressif que les ma\u00eetres d\u2019hier.\u201d&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(<em>La Philosophie de Kant \u00e0 Husserl, <\/em>Fran\u00e7ois Ch\u00e2telet. p.141)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Conclusion<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir vu tout cela, en quoi cela nous aide \u00e0 penser le pr\u00e9sent?<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai cru utile de pr\u00e9senter cette opposition au sein de la pens\u00e9e critique\/r\u00e9volutionnaire allemande parce que je crois qu\u2019elle peut nous en dire beaucoup sur les difficult\u00e9s de la gauche contemporaine. Tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ralement, celle-ci semble diviser en deux camps de plus en plus irr\u00e9conciliables et de plus en plus hostile l\u2019un envers l\u2019autre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la gauche moderne et ses diff\u00e9rentes manifestations (social-d\u00e9mocratisme ou socialisme mod\u00e9r\u00e9e, socialisme, communisme, anarchisme) maintient les principes g\u00e9n\u00e9raux de la philosophie des lumi\u00e8res; un certain humanisme (foi et valorisation en l\u2019\u00eatre humain, recherche de son \u00e9panouissement), promotion et valorisation de la science ainsi que de la raison (contre la religion et le \u201cdogmatisme\u201d), d\u00e9dication et recherche de valeurs pos\u00e9es comme universel (libert\u00e9 et \u00e9galit\u00e9 surtout). La plupart du temps, celle-ci porte une attention particuli\u00e8re aux questions d\u2019in\u00e9galit\u00e9s\/d\u2019iniquit\u00e9s socio. \u00e9conomique (conditions de vie, normes de travail, logement, etc.).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Surtout en Europe, cette gauche accepte en g\u00e9n\u00e9ral les id\u00e9aux les plus abstraits de la R\u00e9volution Fran\u00e7aise (libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9 et fraternit\u00e9), mais consid\u00e8re que ceux-ci ne sont pas appliqu\u00e9s compl\u00e8tement ou correctement dans la soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale capitaliste. Elle a comme qu\u00eate ultime l\u2019\u00e9mancipation universelle de l\u2019humanit\u00e9, pour que celle-ci puisse s\u2019\u00e9panouir et \u00eatre en harmonie avec elle-m\u00eame.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, on peut voir une nouvelle forme de gauche qui se d\u00e9veloppe et qui rentre en contradiction de plus en plus \u00e9vidente avec la gauche dite \u201cmoderne\u201d. Faute d\u2019un meilleur nom, on pourrait dire que cette gauche est \u201cpostmoderne\u201d puisqu\u2019elle semble avoir abandonner ou du moins laisser de c\u00f4t\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019un grand projet historique, de la constitution d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui soit l\u2019aboutissement de l\u2019histoire puisque parfaitement en correspondance avec la nature et les besoins de l\u2019humain.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette nouvelle gauche semble laisser tomber les grands projets universels. Ceux-ci simplifient et r\u00e9duisent l\u2019histoire ainsi que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 une seule dynamique d&rsquo;oppression (la lutte des classes par exemple), n\u00e9gligeant ainsi les r\u00e9alit\u00e9s et exp\u00e9riences de groupes ou personnes minoritaires qui ne rentrent pas nettement&nbsp; dans les cat\u00e9gories de ce mod\u00e8le. Elle veut montrer comment la domination et l\u2019injustice est complexe et plurielle, comment les cat\u00e9gories comme la classe, la race et le sexe (surtout) sont intimement reli\u00e9es dans le fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019opression. Elle veut reconna\u00eetre ses diff\u00e9rences et ses exp\u00e9riences particuli\u00e8res de l&rsquo;oppression. Dans un sens, elle ne cherche pas tant \u00e0 cr\u00e9er un nouveau monde, \u00e0 faire une grande r\u00e9volution pour instaurer une nouvelle soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e sur de grands principes abstraits (communiste, anarchiste, etc.), mais d\u2019essayer de rendre nos espaces, nos soci\u00e9t\u00e9s et nos cultures plus reconnaissante, plus ouverte et plus respectueuse de la diff\u00e9rence. Une soci\u00e9t\u00e9 qui respecte et encourage chacun dans l\u2019expression de sa propre individualit\u00e9, sa propre identit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019actualit\u00e9 de Stirner me semble \u00eatre qu\u2019il s\u2019oppose \u00e0 l\u2019universalisme, \u00e0 la pr\u00e9tention \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 et l\u2019objectivit\u00e9 sociologique\/historique ainsi qu\u2019\u00e0 la forme de projet r\u00e9volutionnaire que Marx repr\u00e9sente. L&rsquo;oppression est avant tout celle de l\u2019individu, de son corps et de son d\u00e9sir qui sont forc\u00e9s de se limiter et de se plier \u00e0 des cat\u00e9gories ou des id\u00e9es abstraites. Contre la grande th\u00e9orie englobante, suppos\u00e9e guid\u00e9e et organis\u00e9e l\u2019action r\u00e9volutionnaire, Stirner porte plus d\u2019attentions aux sentiments et \u00e0 la diff\u00e9rence, consid\u00e9rant que c\u2019est ceux-ci qu\u2019il faut privil\u00e9gier. C\u2019est quand le Moi, l\u2019inexprimable et l\u2019Unique (donc in\u00e9vitablement diff\u00e9rent des autres) refuse ouvertement toutes les id\u00e9es et cat\u00e9gories qu\u2019on lui impose qu\u2019il est libre, qu\u2019il s\u2019est \u00e9mancip\u00e9. Stirner fait donc la valorisation du sentiment et du d\u00e9sir en tant qu\u2019outil et force r\u00e9volutionnaire. Marx au contraire consid\u00e8re que les opprim\u00e9s n\u2019arriveront jamais \u00e0 se lib\u00e9rer s&rsquo; ils ne d\u00e9veloppent pas une conscience claire et compl\u00e8te de leurs conditions. Marx s\u2019est fr\u00e9quemment exprim\u00e9e contre certains mouvements ouvriers, disant qu\u2019ils ne comprenaient pas bien leurs conditions et que leurs luttes \u00e9taient soient futiles ou r\u00e9actionnaires, ayant contre le \u201csens de l\u2019histoire\u201d. Les opprim\u00e9s doivent sortir d\u2019une conscience particuli\u00e8re et subjective de leurs conditions, celle de leurs propres personnes individuelles, pour atteindre une conscience universelle; la conscience de classe. Unit en tant que classe autour de certains principes et int\u00e9r\u00eats reconnus pour tous, les opprim\u00e9s pourront mener et gagner leurs combats.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, j\u2019esp\u00e8re que ce texte a pu int\u00e9resser et stimuler la r\u00e9flexion de certains d&rsquo;entre vous. En bref, on a vu comment Karl Marx et Max Stirner se sont positionn\u00e9s compl\u00e8tement diff\u00e9remment par rapport \u00e0 la philosophie et la r\u00e9alit\u00e9 de leur temps, ainsi que comment cela n\u2019est pas compl\u00e8tement diff\u00e9rent de la situation contemporaine du gauchisme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Certains aspects m\u00e9riteraient d\u2019\u00eatre approfondis ou pr\u00e9ciser, mais j\u2019ai cherch\u00e9e volontairement \u00e0 ne pas trop m\u2019\u00e9terniser et plonger dans les d\u00e9tails pour privil\u00e9gier une vue plus g\u00e9n\u00e9rale de la situation. Je pourrais continuer \u00e0 travailler sur ce texte pendant bien longtemps, mais j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019y mettre fin ici, n\u2019excluant pas la possibilit\u00e9 d\u2019y revenir \u00e9ventuellement.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ici des r\u00e9f\u00e9rences vers des textes ou des auteur.es pr\u00e9sentant des th\u00e9ories philosophiques susceptibles d\u2019\u00e9clairer le d\u00e9bat. Pourquoi l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie? Probl\u00e8mes en th\u00e9ories, probl\u00e8mes de soci\u00e9t\u00e9&nbsp; Par \u00c9douard Bernier-Thibault Il n\u2019y a pas de choses dont on parle autant et dont on dit des choses si diff\u00e9rentes que la \u201csoci\u00e9t\u00e9\u201d. 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